Sur une terre de sang [FLASHBACK ; PV Roy Mustang, pour l'instant]



 
Le forum va bientôt subir de grands changements ! Restez connectés ! /sbaff/

Partagez | 
 

 Sur une terre de sang [FLASHBACK ; PV Roy Mustang, pour l'instant]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Solf J. Kimblee
Traître lotus blanc que le sang révèle...

avatar


MessageSujet: Sur une terre de sang [FLASHBACK ; PV Roy Mustang, pour l'instant]   Mar 16 Juil - 18:24

Kimblee enjamba un nouveau cadavre ishbal ensanglanté, gisant parmi ceux de ses compères. Difficile de s'imaginer que ce lieu fut un monastère sacré voué au culte d'Ishbala, car l'odeur âcre de la mort était partout : dans la poussière qui virevoltait à chaque détonation, dans les regards perdus de ses victimes, dans le sang poisseux qui constellait les murs, dans les paumes aux tatouages meurtriers accompagnées de ce sourire et ce rire extatique propres à l'alchimiste écarlate.

Ce dernier était pourtant d'un calme olympien, la tempête passée. Il avait retrouvé cet apparent flegme qui le caractérisait, semblant perdu dans d'obscures pensées bien lointaines, si bien que les 3 soldats qui avaient survécu ne savaient plus tellement comment se comporter face à cette attitude, tandis qu'à peine quelques minutes plus tôt il explosait encore des dizaines et des dizaines d'Ishbals.

- Nous en avons fini pour ce quartier. Sous-Lieutenant Stark, contactez le camp, ordonna soudainement Kimblee, sans même se retourner vers ses subordonnés.

- Monsieur, c'est-à-dire que...


Cette fois-ci, l'écarlate se retourna. Mais avec une tranquillité toujours aussi déroutante.

-Oui ? demanda-t-il, voyant que le soldat semblait ne pas vouloir continuer.

-C'est-à-dire que la radio est cassée...Et il serait long de retourner au camp, étant donné que votre dernière explosion a engendré une montagne de gravas plutôt...conséquente.


L'alchimiste leva légèrement le regard pour constater que plusieurs mètres de pierres calcinées et de terre bloquaient le passage vers le camp, et que les exploser était tout sauf une bonne idée.

- En effet. Continuons vers l'est alors, il me semble que ces quartiers ne sont pas encore tombés.

Voyant une colonne de feu se profiler à l'horizon, un léger sourire ironique étira ses lèvres. Quelle amusante perspective que d'aller voir comment Mustang se débrouillait. De même, c'était une parfaite occasion d'user encore plus le moral de l'alchimiste de flamme, qui semblait déjà bien atteint par des semaines et des semaines de massacres.

- Belle journée, alchimiste de flamme ?

Les quatre hommes étaient arrivés derrière ceux de Mustang. Tous étaient exténués et complètement démoralisés, sauf Kimblee, comme à son habitude, qui affichait une mine neutre tout en scrutant discrètement les environs qui semblaient ne cacher aucune vie. Mais en réalité, telle inertie pouvait indiquer soit un travail parfaitement accompli de la part de l'alchimiste de flamme, soit une embuscade. Et n'ayant aucune confiance dans les performances de Mustang qui semblait plus dégouté qu'autre chose par sa mission, l'écarlate restait méfiant, bien qu'affichant un léger sourire.

- Caporal Ribons, allez donc jeter un coup d'oeil aux alentours, je pense que ce pourrait être utile, murmura-t-il.

Celui-ci s'exécuta au ton froid de son supérieur, alors que Stark s'approchait de ce dernier.

- Commandant, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée, il risque de se faire tuer étant donnée sa blessure à la jambe...

-Justement.

Sentant plusieurs regards choqués sur lui, il soupira.

- L'armée n'a pas besoin de bras cassés. Ribons est devenu inutile à ce conflit, et de toute façon il n'aurait pas passé la nuit. Néanmoins je vous prierais Stark de ne plus contester mes ordres, est-ce bien clair ?

Le commandant se retourna vers lui et planta ses pupilles glaciales sur la figure presque déconfite du subordonné qui hocha maladroitement la tête.

- Bien ! Je vous propose de collaborer, Mustang, puisque nous avons fini de notre côté.

Sur ces mots, l'écarlate retira sa veste pour se retrouver en débardeur, avant de s'assoir nonchalamment sur les ruines d'un bâtiment et respirer un grand coup. Un sourire étira ensuite doucement ses lèvres. Il était parfaitement détendu, prêt a repartir dés qu'il le faudrait.






"À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire."

Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




MessageSujet: Re: Sur une terre de sang [FLASHBACK ; PV Roy Mustang, pour l'instant]   Mar 23 Juil - 14:13




Le frottement entre ses doigts généra une étincelle qui serpenta à travers les bâtiments en ruine avant de lever un voile de flammes destructrices. Roy Mustang et ses hommes étaient chargés de « nettoyer » le 33éme district, où logeaient encore des tirailleurs Ishvals. Toujours à la tête de la troupe, il ne leur prêtait pratiquement aucune attention, constamment à l’affût d’un souffle ou d’un mouvement hostile. Procédure habituelle : ses doigts gantés claquaient, l’oxygène dans l’air se rassemblait avant d’être rejoint par une braise puis l’atmosphère entière devenait étouffante, signe du passage dans la seconde qui suit d’une colonne de flammes irradiant tout sur son passage. Puis enfin des cadavres calcinés jonchaient le sol.

Il ne les comptait même plus. Il y en avait trop.

Si l’air était déjà irrespirable à cause de la poussière et de l’odeur du sang, la chaleur Ishvale n’aidait pas. C’était davantage pire quand il provoquait ses déflagrations en claquant des doigts. Il avait suffoqué et même vomi les premiers jours mais s’était accoutumé de force ; de toute évidence, le jeune brun n’avait fermement pas l’intention de mourir ici. Malgré ses flammes à demi éteintes, il avançait d’un pas sûr en les traversant, s’imprégnant par la même occasion de l’odeur des corps humains calcinés et sentant le souffle brûlant de la mort érafler sa peau.

La journée ne faisait que commencer mais l’alchimiste se sentait lourd comme une pierre. Inutile de préciser qu’il ne dormait pratiquement plus, il ne faisait que rester inerte dans une couverture. Le temps de sommeil accordé à un soldat sur le front était de toute façon assez court en général. Il lui arrivait parfois de s’évader dans un sommeil calme mais éphémère, pendant une quinzaine de minutes. Mais dès lors, des cauchemars issus de l’angoisse de la journée reprenaient le dessus et le réveillait en sursaut. Ça ne s’arrêtait jamais, à un tel point que l’alchimiste prenait souvent des somnifères, à des doses plutôt dangereuses étant donné son équilibre mental à chaque fois qu’il se jetait sur le flacon, encore fébrile sous le coup d’un rêve violent et agité. Ce sommeil artificiel ne lui procurait aucun repos, elle ne faisait qu’empêcher les démons concrétisés de la journée le harceler pendant la nuit. C’était pathétique pensait-il, mais au moins il avait quelques instants de répit avant un autre cauchemar, répétitif également mais cette fois-ci bien réel. En effet, les jours avec ses mêmes massacres se répétaient, et les semaines continuaient de durer des mois…

- Belle journée, alchimiste de flamme ?

Il tourna la tête vers une voix qu’il reconnaissait bien : Kimblee, l’alchimiste écarlate. Il avait déjà eu une altercation avec lui il y a peu, lors d’une discussion entre militaire. Autant dire qu’il ne le portait pas dans son cœur ! Outre son arrogance et son air déplacé en rapport avec le cadre apocalyptique qui l’entourait, il y avait quelque chose d’encore plus dérangeant en lui…

Après avoir ordonné à un de ses hommes blessé de servir de pâture, il proposa à l’alchimiste de feu de collaborer. Au vu de la faible estime qu’il lui portait malgré le fait qu’ils appartenaient au même camp, l’acte glacial de l’alchimiste écarlate n’étonna pas Roy le moins du monde. Cependant, une question lui survient :


« …Si ce soldat est blessé, pourquoi ne l’avez-vous pas congédié ? »

S’il avait été en état de réfléchir de façon plus efficace il n’aurait pas posé la question : la réponse était d’ordre personnel puisqu’il ne s’agissait que de la vision de Kimblee et ne présentait donc, que très peu d’intérêt, se rendait-il compte.

« …Inutile. » déclara froidement Mustang avant d’ordonner finalement à ses hommes de le suivre. « Allez on avance ! Et restez groupés derrière moi ! »

Comme à son habitude, le Flame Alchemist prenait les devants. Les quatre hommes hochèrent la tête et le suivirent sans hésiter vers le champ d’immeubles où le dénommé Ribons venait de s’aventurer un peu plus tôt. Il aurait été plus prudent de réduire en cendres l’endroit afin d’éliminer les Ishvals embusqués mais Roy savait que, en plus du dernier soldat envoyé par Kimblee, il y avait d’autres soldats de sa division qui y avaient été envoyés il y a quelques minutes. Et contrairement à l’alchimiste écarlate, il refusait de tuer sciemment ses propres subordonnés sous prétexte qu’il y avait une guerre à gagner. L’indifférence et l’atrocité de ses gestes sur un champ de bataille avait ses limites ; par-dessous tout, c’était un choix qu’il assumait librement. Il était tenu d’obéir à ses supérieurs et le faisait, tout comme ses subordonnés devaient lui obéir à leur tour. Il assumait le fait d’avoir choisi d’obéir, mais également celui de disposer de la vie de ses hommes comme bon lui semble. Pour tout dire, les cendres de ses idéaux brûlaient encore. Protéger un pays, c’est avant tout protéger ses habitants, peu importe qu’ils soient civils ou militaires. Il était loin d’être un héros qui sauvait tout le monde mais au moins il se refusait d’envoyer à la mort des dizaines de camarades de guerre qui n’aspiraient qu’à une seule chose, lui y compris : mettre fin à la guerre afin qu’ils puissent tous rentrer sains et saufs.

D’un signe de la main, l’alchimiste de flammes fit un signe pour que deux de ses hommes fouillent et se positionnent dans l’immeuble dont la position dominaient l’espace, afin de les couvrir et de contrer d’éventuels snipers ennemis. Avec les deux autres, il avait décidé d’y aller de front et de rejoindre les autres soldats. Après avoir parcouru une vingtaine de mètres, une explosion violente derrière eux provoqua une déflagration dont le souffle les propulsa en avant. Incrédule, lui et ses deux subordonnés regardaient l’immeuble qu’ils venaient de quitter transformé en ruine carbonisée…

« Major Mustang… Kevin et Bryan étaient… »

Bon sang…L’immeuble était piégé avec des explosifs ?! La dynamite était envisageable mais certainement pas des mines ou bombe à retardement ! Les nombreuses armes que les Ishvals avaient pu se procurer étaient exclusivement dûes au soutien d’Aruego : il était plutôt improbable que ces derniers fassent en plus des livraisons aussi coûteuses que ce genre de technologie. Mais alors comment ?! Pourquoi dans cet immeuble précisément ?! S’agissait-il d’une manœuvre kamikaze ?! Etaient-ils tous piégés ?! Une infinité de scénario pouvait être envisagée la situation resterait toujours la même : deux de ses hommes venaient de mourir par sa faute.



« Merde !! » lâcha-t-il tout en se relevant rapidement.

Il vacilla un peu, tout en portant une main à son oreille qui sifflait encore. Pas le temps de s’apitoyer !! Il ne fallait mieux pas s’attarder là. Si les autres immeubles étaient piégés aussi, rester dans ces couloirs étroits et gris étaient hautement risqué. D’immenses gravats s’étaient dispersés et bouchaient désormais l’entrée par laquelle ils venaient juste de passer.

Dilemme. Devait-il alors trouver un autre passage et battre en retraite ou faire exploser la zone, sachant que des soldats du même camp s’y trouvaient encore ? Il était peu probable que ces derniers soit encore vivant vu l’audace et l’équipement dont dispose les Ishvals de ce district. Mais avait-il seulement le droit de prendre ce risque ?

« Major Mustang ! Regardez ! »

Il ne l’avait pas remarqué jusqu’à présent mais une fumée noire s’élevait au milieu du district, à une centaine de mètres d’eux environ. Ils se dépêchèrent de s’y rendre. Un mauvais pressentiment lui étreignait le cœur…
.


Dernière édition par Roy Mustang le Jeu 9 Jan - 19:46, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Solf J. Kimblee
Traître lotus blanc que le sang révèle...

avatar


MessageSujet: Re: Sur une terre de sang [FLASHBACK ; PV Roy Mustang, pour l'instant]   Jeu 29 Aoû - 23:39

L’Écarlate haussa un sourcil en entendant l'interrogation de son collègue, avant d'afficher un léger sourire amusé. En réalité, il trouvait Mustang naïf. Pourquoi poser une telle question à un homme comme lui ? A la rigueur, la poser à quelqu'un de plus sensible à l'horreur de ce conflit aurait été déjà plus pertinent. Pourtant, Kimblee constata finalement que la même pensée avait du traverser l'esprit de son interlocuteur, à l'expression qu'il affichait. Néanmoins, il ne put s'empêcher d'en rajouter une couche malgré l'évident désir de son collègue de ne pas recevoir de réponse.

"-Congédier un homme sur un champ de bataille. Blessé comme il était, voilà qui serait bien singulier. Avez-vous la moindre idée de la distance qui nous sépare du camp et du fait que nous sommes en guerre ? Quelle que soit ma décision, il mourra. J'ai simplement choisi de lui donner une certaine utilité."

Ce ton froid et tranchant ne traduisait que trop bien son manque de compassion total. Pour lui, un homme n'était qu'un pion qui s'il ne trouvait pas sa place dans le jeu n'avait pas intérêt à être conservé indemne.

Kimblee suivit finalement Mustang. L'homme au catogan semblait étrangement concentré: l'absence d'ennemi venant les attaquer le rendait méfiant et plus prudent. Pourtant, leur groupe ne comportait pas un nombre insurmontable de soldats pour des moines guerriers Ishbals. Peut-être savait-ils que parmi eux il y avait deux alchimistes d'état des plus dangereux ? Ou alors, était-ce simplement un piège dans lequel ils fonçaient droit dedans ?

A cette pensée, une énorme déflagration se produisit derrière eux. L'écarlate crispa la mâchoire et se redressa, réflechissant intensément. Ils s'étaient faits avoir. Mustang, constatant ceci, semblait lui aussi réfléchir à toute vitesse. Maintenant, ils devaient comprendre à quoi ils faisaient face et comment s'en sortir. Kimblee élimina logiquement une technique employant un détonateur: pour faire le plus de victimes, l'utilisateur de cette bombe l'aurait faite exploser alors qu'ils étaient tous près de l'immeuble. Des Ishbals se baladant avec des bâtons de dynamites...? Possible. Mais dans ce cas ils étaient derrière eux et n'hésiteraient pas à les prendre par surprise. Quant à la possibilité que l'immeuble était piégé...elle n'était pas à exclure mais lui semblait néanmoins étonnante: une minuterie serait superflue car les Ishbals n'auraient pas pu calculer le temps qu'ils mettraient à arriver ici, tandis que des mines sont onéreuses, mais surtout, stratégiquement, elles seraient mal placées. Parier sur le fait que des soldats iraient dans cet immeuble, malgré le fait que sa hauteur soit avantageuse, est un pari risqué. Non, pour tuer le plus d'ennemis, elles auraient été placés sur des chemins principaux.

Par élimination, il déduisit qu'une ou plusieurs personnes les avaient pris en étau en passant derrière eux. Leur groupe se trouvait maintenant entre la ligne de front encore active devant eux, et ceux que Kimblee présumait utiliser de la dynamites derrière eux.

Un sourire étira ses lèvres et discrètement, vérifiant que Mustang ne regardait pas dans sa direction (mais il semblait observer tout autre chose, ce qui l'arrangeait), il fit jaillir la pierre philosophale entre deux de ses canines. Ses paumes claquèrent violemment l'une contre l'autre, se posèrent sur le sol, déclenchèrent la réaction alchimique, explosant tout le terrain par où ils étaient venus. Le sol trembla avec une force dévastatrice, formant crevasses sur crevasses, brisant chaques habitation et chaque parcelles de terre dans un fracas assourdissant.

Ce bruit résonnait à ses oreilles comme une véritable symphonie. Violente, brusque, fatale, ne laissant rien d'autre la surpasser, étant seule et unique centre d'attention et de frayeur, dominant toute l'assemblée avec une beauté mortelle. L'adrénalyne générée par toute cette puissance et cette intensité, c'était la seule chose qui le faisait se sentir vivant.

Il se doutait que Mustang n'approuverait pas un tel carnage. Mais Kimblee ne comptait pas une deuxième fois se faire surprendre si on les suivait. Remarquant à son tour l'imposante fumée, il se dirigea vers elle à la suite Mustang.

Une odeur de corps carbonisés règnait en maître dans l'air. Kimblee regarda le sol tandis qu'il marchaient à présent vers la fumée, au lieu de courir. Il valait mieux être prudent.
Soudain intrigué par un détail, il se pencha pour passer un index sur le sol et regarder ce qui s'y était déposé.

"- De la poudre. Et il y a des morceaux de verre un peu partout. On dirait bien que nos Ishbals ont appris à faire des bombes artisanales."

Cela n'expliquait pas toute cette odeur de chair brûlée, néanmoins. Continuant, ce qu'ils trouvèrent était véritablement un carnage. Le relent pestilentiel qui s'en dégageait était des plus désagréable, y compris pour l'écarlate qui fronça le nez de dégoût et passa sa manche devant.
Le sol s'était comme effondré, dévoilant une espèce de cave. Cette cave était reliée par des galeries, qui avaient été explosées de tout leur long, sur une quinzaine de mètres. Au milieu des gravas, des corps. A vue d'oeil, une cinquantaine. Des Ishbals. Mais aussi des soldats d'Amestris.
Kimblee comprenait déjà mieux le scénario qui s'était déroulé ici :

"- Je suppose que nos troupes ont du s'aventurer ici. Si j'en juge aux résidus de bombes artisanales trouvés un peu plus loin, on peut supposer que les Ishbals les fabriquaient ici, dans ces souterrains. C'est un produit hautement instable, lorsque nos unités ont attaqué, l'une d'elle a du exploser par accident, entrainant un effondrement et l'explosion en chaîne de toutes les autres."

Le résultat était vraiment macabre.

"- Vous avez encore une radio, Mustang ?"


Il était en effet judicieux de signaler cet événement au camp, d'autant plus que si des bombes étaient fabriquées ici, il y en auraient sûrement ailleurs, et l'armée ne pouvait pas se permettre de perdre autant de troupes d'un coup à plusieurs reprises.



(note hrp: Désolée pour le retard, j'espère néanmoins que le post ira !)






"À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire."

Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




MessageSujet: Re: Sur une terre de sang [FLASHBACK ; PV Roy Mustang, pour l'instant]   Mer 18 Sep - 17:30

Pendant qu’il se dirigeait vers la montée de fumée noire, il sentit le sol trembler à nouveau. Il crut d’abord à une deuxième explosion dûe aux Ishvals mais il n’en était rien : des éclairs rouges crépitant vers le ciel et la disparition de Kimblee qui se tenait pourtant derrière il y a quelques instants le renseigna rapidement sur l’auteur. L’alchimiste écarlate avait jugé bon de « nettoyer » leurs arrières, en cas où des Ishvals les aurait suivi. Du moins c’est ce qu’il pensait ; même si les immeubles cachaient la scène en ne laissant apercevoir qu’une autre montée de fumée, ce genre de précaution ne l’étonnait guère de la part de l’autre major. Ce dernier venait d’ailleurs de les rejoindre, avec toujours cet air arrogant qui le rendait si détestable. Roy réalisa alors quelque chose qui lui fit serrer les poings. Même si Kimblee semblait prendre plaisir dans ses carnages, lui était au moins beaucoup plus à même de survivre tout en accomplissant ses missions car il ne laissait absolument rien au hasard : quoi de plus normal puisque le terrain était un champ de bataille. En quelques secondes, l’alchimiste écarlate retraçait et anticipait les situations beaucoup mieux que le ne ferait Mustang, et, même si ça lui faisait mal de l’admettre, le jeune militaire pensa qu’il devrait prendre exemple sur son sang-froid s’il ne voulait pas décimer le reste de son équipe. Par ailleurs, s’il voulait à tout prix survivre comme il le disait, ce n’était sûrement pas en évitant d’utiliser son alchimie au maximum. Cette alchimie qu’il commençait à détester quand il avait vu ses yeux lui supplier de lui apporter une réponse à cette question :

« Pourquoi l’alchimie qui est censée apporter le bonheur au peuple est utilisée ici pour les tuer ? »

Il n’avait pas pu lui répondre. En fait, il serait plus correct de dire qu’il n’était plus sûr de la réponse. C’était quelqu’un d’autre qui lui avait répondu :

« Parce que c’est le devoir d’un soldat. »

La nonchalance qu’il affichait malgré l’air exténué et indécis des autres soldats qui remettaient en cause les massacres répétés dont ils étaient témoins tous les jours était très déconcertante. Néanmoins, tout le monde savait bien que Kimblee avait une manière spéciale de penser, c’est pourquoi ils n’engageaient aucune pente de discussion avec lui. Sauf Roy, bien sûr, qui était décidément à cran même s’il essayait de faire bonne figure. De toute façon, son visage et ses yeux dit ‘‘de meurtrier’’ le trahissait déjà.

‘‘Exténué et indécis’’, voilà ce qui le caractérisait bien en ce moment. C’était un état de faiblesse qui ne pardonne pas sur le sentier de la guerre. Il devait absolument se ressaisir et refouler ses états d’âmes ; autrement, il ne ferait pas long feu… ( sans mauvais jeu de mot encore une fois 8’D *sort très loin*)

Il fit signe à ses hommes de continuer vers l’étrange nuée sombre, tout en changeant quelque peu la trajectoire de leur arrivée, au cas où il s’agissait d’un piège. Une fois arrivés sur la place fumante, ils ne purent constater qu’une zone dévastée avec une odeur âcre de poudre et de chair brûlée mélangés. Une sorte de cavité d’où s’échappait encore une fumée noirâtre aux effluves sanglants laissait apercevoir des corps déchiquetés par une explosion violente. Des membres arrachés, des organes et des os à l’air libre… Bref passons les détails peu ragoûtants. Bien qu’il y était habitué, Roy eut du mal à dissimuler son dégoût devant un spectacle pareil. Il ne détourna cependant pas le regard et put remarquer les uniformes bleus de l’armée et les couleurs chaudes des habits traditionnels ishvalans sur les corps éparpillés. Cependant, Kimblee fut plus rapide :

« Je suppose que nos troupes ont du s'aventurer ici. Si j'en juge aux résidus de bombes artisanales trouvés un peu plus loin, on peut supposer que les Ishbals les fabriquaient ici, dans ces souterrains. C'est un produit hautement instable, lorsque nos unités ont attaqué, l'une d'elle a dû exploser par accident, entrainant un effondrement et l'explosion en chaîne de toutes les autres. »

« C’est possible. » murmura Roy en hochant la tête, l’air impassible.



S’il devait à chaque fois pleurer à cause de toutes les fois où il a vu des vies perdues de manière ridicule et inutile sur le terrain, ses yeux seraient plus asséchés que le désert d’Isvhal… Il enleva ses gants pour toucher les gravats brûlés et touchés par l'explosion : ils étaient froids. La fumée s'échappait encore du cratère car de petites flammes dévoraient lentement la roche devenue noire. Cette explosion n'avait donc pas eu lieu en même temps que la déflagration qui avait tué deux de ses hommes. La version de Kimblee se tenait : cela devait être arrivé il y a une heure minimum...

« Vous avez encore une radio, Mustang ? »

En effet, il semblait approprié de prévenir le camp le plus vite possible en cas sur cet événement arrivé à l’une de leur équipe ainsi que sur l’armement des Ishvals qui semblait bien plus riche qu’il n’y paraissait. Roy jugea bon de déplacer son équipe sur le toit d’un immeuble abandonné avec un minimum de fenêtres, plus éloigné des autres et chargea l’un de ses subordonnés de contacter le camp : ils étaient quatre, c’était parfait. Chacun devait surveiller un angle de l’immeuble.

Je ne me ferais pas avoir une seconde fois, pensa le brun, encore un peu amer.

En effet, la réception de la radio marchait mal lorsqu’ils étaient en mouvement mais ils étaient certainement le plus vulnérable en restant en position fixe, même pour quelques instants. Aussi, le fait d’être entouré d’immeubles réduisait considérablement leur champ de visibilité : impossible de savoir d’où pourrait sortir des Ishvals survivants qui connaissaient les lieux comme leur poche. Mais de toute façon l’appel devait être bref.

Voyant que ce dernier, prenait un peu trop de temps que prévu il fronça les sourcils. Quelques instants d’après, le soldat éteignit la radio et fit signe à son major, qui leur ordonna ensuite de descendre sans perdre de temps avant de jeter un ultime coup d’œil à la forêt d’immeuble. Tout en empruntant l’entrée derrière pour sortir, le soldat raconta brièvement qu’il avait en fait intercepté en même temps un appel du camp qui leur demandait de rentrer au plus vite car la situation se corsait autre part sur le front : en effet, les Ishvals se servaient d’explosifs et de kamikazes pour faire reculer leur ligne de défense. Et ça marchait à priori plutôt bien étant donné l’appel d’urgence aux alchimistes d’états.

La journée est vraiment loin d’être finie, songea Roy d’un air las.



Il jeta un œil à l’homme aux cheveux noués en catogan. Il semblait tranquille mais pas besoin d’être un génie pour deviner combien le bougre mourrait d’envie d’être sur le front pour montrer SES explosifs à lui. Le jeune major ordonna alors de se replier rapidement vers la base, tout en restant prudent néanmoins. Tout en retraçant le plan de la forêt d’immeubles, il choisit le chemin le plus court, tout en évitant le plus possible la rue principale trop voyante.

« Major !! »

En jetant un rapide coup d’œil sur la rue principale et tout en passant derrière les immeubles, la petite troupe aperçut un soldat se tenant droit au milieu. C’était un comportement plus qu’étrange et Roy fit signe derrière de se méfier. Il ne fallait pas exclure que ce dernier soit un Ishval ayant simplement revêtu l’uniforme. Toujours de dos, lorsqu’il tourna la tête en direction de leur cachette ils purent constater que ce n’était pas un  Ishval. Néanmoins le visage de l’homme était livide et ses yeux semblaient dénués de vie. Il restait là, planté comme un piquet, sans savoir quoi faire.

« Major Mustang, chuchota l’un de ses hommes, il s’agit du soldat Lloyd Krisch, de la 10éme division. Je le reconnais ! Il fait parti de la troupe qui n'a plus donné signe de vie dans ce district il y a deux heures !! »

« Tu en es certain ? Pourquoi se tient-il droit au milieu de la rue ? »



« J-je ne sais pas. Il doit être désorienté. »

Roy se méfia : il était difficilement le genre d’homme à abandonner quelqu’un sur un champ de bataille, c’est pourquoi ce genre de piège pouvait aisément fonctionner sur lui. Aussi, si il était sûr le soldat n’était pas une arme piégée il ne le laisserait sûrement pas là en continuant son chemin. Sentimentaliste ou abruti, appelez cela comme vous voulez mais l’alchimiste de feu avait des principes auxquels il aimait tenir fermement. Mais il avait aussi fermement juré de sortir vivant de cette guerre… Et il fallait choisir.

Il tendit la main vers le soldat, les doigts prêts à claquer.

« Kimblee vous pouvez rentrer pour porter secours à la base. » déclara-t-il sans quitter des yeux sa cible présumée « Nous terminons avec ce district et nous le rejoindrons. »

Il ne regarda pas ensuite si l'autre alchimiste était parti et préféra se concentrer : grâce au savoir alchimique du feu, doser l’oxygène dans l’air était une chose facile. Il en augmenta la densité dans la zone du soldat Krisch, lui provoquant ainsi un léger mal de tête et des vertiges. Ce dernier tituba un peu, avant de s’effondrer sur le sol, laissant désormais apercevoir son torse recouvert de dynamites allumées. Sa réaction fut immédiate :

BON SANG JE LE SAVAIS !!

« RECULEZ !! »

Il était trop tard pour réduire la densité de l’oxygène et éteindre la dynamite à distance. L’explosion avait déjà retentit, à seulement une dizaine de mètres d’eux.


Dernière édition par Roy Mustang le Jeu 9 Jan - 19:44, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Solf J. Kimblee
Traître lotus blanc que le sang révèle...

avatar


MessageSujet: Re: Sur une terre de sang [FLASHBACK ; PV Roy Mustang, pour l'instant]   Dim 27 Oct - 16:44

Kimblee marchait tranquillement derrière Mustang. Il semblait vraiment docile, mais ce n'était que le calme avant la tempête et tous en étaient conscients. Personne n'ignorait plus les rumeurs sur l'alchimiste écarlate, le tueur d'Ishbals, une espèce de bête tapie dans le corps d'un homme charmant qui pouvait très bien se montrer ordinaire si l'envie lui prenait. C’était une condition indispensable pour pouvoir tâter le terrain dans une conversation avant de révéler sa véritable nature, et prendre ainsi l’avantage indéniablement. Egalement, cette technique était propre à la manipulation des autres à laquelle il pouvait s’essayer s’il le souhaitait. Enfin, disons qu’il n’aurait pas appelé cela de la "manipulation" mais plutôt un "étalage d’arguments accompagné d'un comportement spécifique convenant à la personne en face de lui pour la rallier à son opinion". Certes, c’était un peu de mauvaise foi de différencier les deux, mais il ne prenait pas cela en considération.

Quoi qu’il en soit, il observait simplement ce qui l’entourait, sur ses gardes, comme à son habitude. De manière purement orgueilleuse et supérieure, il ne pensait pas réellement pouvoir se faire tuer par un simple Ishbal, mais cela ne l’empêchait pas d’être un minimum responsable de sa vie.

Il tourna la tête vers le soldat qui passait l’appel et plissa les yeux : ce n’était pas un simple rapport que faisait le soldat, mais une véritable conversation. Etait-ce juste que le camp demandait des détails plus précis ? Ou recevait-il des ordres spécifiques concernant la suite des opérations ?

L’écarlate étudia alors plus précisément l’horizon. Il n’était pas étonnant que de la fumée s’élève et que des explosions à intervalles courts surviennent, ainsi il ne put réellement pointer une différence notable entre aujourd’hui et avant. Mais leur découverte précédente restait gravée dans sa mémoire, et il pressentait qu’elle n’était pas sans importance et qu’il n’avait pas fini d’entendre parler de ce genre d’événements. Il alla alors aux nouvelles quand l’appel fut terminé.

Encore une fois, il ne fit aucun commentaire, laissant Mustang décider de la marche à suivre, bien qu’il ne s’attende pas à autre chose qu’il suive les ordres donnés. Néanmoins, il laissait faire l’alchimiste de flamme avec une certaine curiosité, cherchant à trouver ses failles dans sa manière de conduire ses hommes. Pourquoi ? Eh bien…Difficile à dire. Peut-être souhaitait-il lui reprocher certaines décisions plus tard, généralement avec une ironie grinçante qui faisait rager absolument tout le monde, ou peut-être était-ce une manière de pointer des défauts afin de ne pas lui-même les posséder. Mais, bien que Kimblee tende sans cesse à parfaire son efficacité, il était bien trop fier pour même songer au fait d’apprendre certaines choses de Mustang. Disons donc que sa curiosité était simplement part de son humeur du jour.

Quelques minutes plus tard, ils rencontrèrent un certain Lloyd Krisch, qui n’avait de toute évidence pas toute sa tête pour se tenir au milieu de la rue de la sorte. Et cette attitude sentait le piège à plein nez, vraiment. Pour cette raison, et parce que Mustang semblait hésiter, l’écarlate s’avança avec la ferme intention de raisonner son collègue, parce qu’il n’avait certainement pas envie de risquer leurs vie à cause de son sentimentalisme à deux cenz. Néanmoins, il se décida à lever son gant et cela stoppa l’intervention de Kimblee, sincèrement surpris qu’il ait osé le faire. Il pensait plutôt avoir une conversation houleuse avec l’alchimiste avant de devoir se charger lui-même du cas du soldat, mais apparemment il avait sous-estimé le discernement de Mustang.

« Kimblee vous pouvez rentrer pour porter secours à la base. Nous terminons avec ce district et nous le rejoindrons. »

Il ne bougea pas d’un pouce. Krisch n’était pas encore mort et que le temps que mettait Mustang l’agaçait, ainsi il ne prendrait pas d’ordre venant de lui maintenant. Il sortit les mains de ses poches, prêt à les claquer l’une contre l’autre, les muscles tendus, au cas où. Le soldat s’effondra alors, dévoilant ce à quoi ils s’attendaient depuis le départ, mais Kimblee devait avouer qu’il aurait préféré s’être trompé étant donné que l’explosion allait survenir à seulement quelques mètres d’eux.

S’étant préparé à cette éventualité, Kimblee apposa ses paumes au sol et une explosion survint à son tour en direction de celle générée par le soldat. Les deux déflagrations se heurtèrent, s’annulant en partie, mais plusieurs gravats s’envolèrent en leur direction et l’écarlate poussa une sorte de grognement entre la colère et la douleur quand un morceau de verre vint se ficher dans la haut de son bras, mais le plus gênant fur celui qui trancha l’un de ses cercles de transmutation. Un genou sur le sol, il balaya les environs du regard, s’attendant au pire.

Décidément, il détestait avoir raison aujourd’hui.

Une dizaine d’Ishbals surgirent des immeubles les entourant, armés de fusils. Certes, ils n’étaient pas nombreux, mais l’effet de surprise serait leur avantage, et un très bon. Déjà, des deux soldats de son unité, l’un fut abattu dans la seconde. Il ne restait donc que son lieutenant, Mustang, ses hommes, et lui-même.

« Mustang ! », gronda Kimblee, absolument furieux (ce qui était rare) de s’être fait avoir de la sorte et par-dessus tout d’avoir été blessé en plus de ne pas pouvoir faire d’alchimie…sans la pierre. Or, Mustang n’était pas censé savoir qu’il la possédait. Il ne pouvait donc rien faire maintenant et devait laisser agir le Flame Alchemist qui était le seul à pouvoir décimer leurs ennemis avant trop de dégâts.

L'écarlate détestait confier sa vie à quelqu'un d'autre que lui. Fantastique situation, vraiment.






"À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire."

Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




MessageSujet: Re: Sur une terre de sang [FLASHBACK ; PV Roy Mustang, pour l'instant]   Jeu 9 Jan - 22:08

Quand bien même les murs des immeubles auraient pu leur servir de remparts contre l'explosion, rien ne leur aurait dit que ces boucliers d'infortunes auraient suffit. Kimblee, ne laissant comme d'habitude rien au hasard, s'interposa rapidement et contra le choc de l'explosion avec une autre générée par ses cercles de transmutations.

Roy eut à peine le temps de tout comprendre qu'une balle effleura son visage avant de se ficher dans le torse d'un subordonné de Kimblee. A travers la fumée noire on pouvait apercevoir des masses se mouver autour d'eux et il ne fut aucun doute qu'il s'agissait d'Ishvals, dangereusement armés et prenant l'avantage, bien décidés à les tuer jusqu'au dernier.

« Mustang ! », gronda Kimblee.

« Je sais !! » s'écria le concerné en lançant des bribes d'étincelles vers les attaquants.



Un bref instant, il pria pour que ces Ishvals-là ne soient pas en possession de dynamite.

Un mur de flammes se leva alors autour du groupe de soldat, faisant rapidement grimper la température de l'air autour de 80° degrés Celsius. Certes, Roy était souvent habitué à s'exposer à ces variations de chaleurs et c'est pourquoi il ne s'inquiétait pas quant aux autres. De toute évidence c'était toujours mieux que de calciner comme le faisaient les Isvhals en face d'eux. Le feu se dissipant grâce à la masse d'oxygène annihilée, les cadavres noircis parsemaient le sol.

Ils étaient tous morts et méconnaissables.

Il n'avait pas hésité une seule seconde, leurs vies ayant été en danger imminent. Aucun bruit, aucun mouvement ne donnait l'impression que des survivants se tapissaient dans l'ombre... Le Flame Alchemist abaissa lentement sa main en scrutant les environs, le regard encore déterminé et froid, tout en ignorant l'odeur âcre de la graisse humaine qui s'évapore dans l'air, à laquelle il s'habituait de plus en plus. Il avait même l'horrible impression de s'en imprégner peu à peu, ne faisant alors plus qu'un avec la mort elle-même. Il détestait cette sensation mais il n'avait pas non plus l'intention de fuir ce qu'il faisait. Les mots de Hugues résonnaient désormais dans sa tête à chaque fois et lui donnait une espèce d'excuse qui les rendaient tous misérablement humains, autant de pions sur un sentier de l'enfer qu'ils étaient :

" C'est simple. Je ne veux pas mourir."

Un des hommes de Mustang coupa le silence morbide qui s'était installé, soulagé :

« Ouf.. On a eu chaud... »

Personne ne dit rien, et n'esquissa pas même un sourire quant au jeu de mot manifestement présent. Il commença ensuite à examiner le corps du soldat touché par la balle. Mais il était déjà trop tard pour lui... La balle l'avait atteint en plein point vital et son poul ne donnait plus rien.

« Tout le monde va bien ? » demanda l'autre subordonné de Roy en regardant le lieutenant de Kimblee s'affairer autour de son supérieur.

« Vous êtes blessé Major Kimblee ! Il faut vite rentrer vous soigner à la base ! »

Sans se retourner, Roy regarda alors le sang qui coulait le long des plaies de l'alchimiste écarlate, et qui avait pour le coup, encore bien anticipé l'attaque surprise. C'était indubitablement en partie grâce à lui s'ils étaient tous encore vivants. Mais ce n'était pas pour autant que Roy éprouvait toujours une quelconque sympathie à son égard ; le brun avait décidément la rancune tenace.

Il déclara néanmoins :

« Oui dépêchons-nous de rentrer. A en juger par le nombre de corps je pense que nous en avons fini avec ce district... »


Il s'arrêta net. Un crissement derrière un gravât d'immeuble se fit entendre... Suivi d'un sanglot d'enfant. Le cœur battant, Roy se dirigeait d'un pas décidé vers les gravats, sous l’œil attentif de ses hommes qui craignaient que ce ne fusse un autre piège, la main alors sur la gâchette pour parer toute éventualité.

Un jeune garçon sur le sol, faisant vraisemblablement parti du groupe d'homme de tout à l'heure, le fixait avec des yeux dont le regard intense était empreint d'une rage et d'une tristesse infinie. Il semblait juste s'être fait soufflé par la force du tourbillon de flammes qui avait entraîné des fragments de murs. Pourquoi était-il là ? Peut-être avait-il suivi le groupe d'homme dans l'espoir de les aider. Au final, il n'avait fait qu'assister à un massacre et à se retrouver à la merci de ses ennemis. Le regard toujours froid et déterminé de Roy soutenait le sien, malgré la peur grandissante dans son ventre. Il allait devoir faire quelque chose qui le répugnait. Dans le feu de l'action, il avait déjà tué des enfants, les flammes n'épargnaient personne et ne savaient faire la différence. Cependant, il avait toujours préféré être envoyé sur les zones dangereuses, là où tous les hommes prêts au combat se rassemblaient, et non les civils sans défenses. Là où la nécessité d'utiliser son pouvoir devenait une question de vie ou de mort. Bien qu'il lui arrivait souvent de les omettre volontairement  il était loin de les protéger : de toutes manières les autres alchimistes s'en chargeaient s'il ne le faisait pas. En gros, il reléguait lâchement cette tâche dans la mesure du possible, rien d'autre.

L'enfant tendit alors finalement sa main vers un couteau sur le sol. Lentement, ses doigts se dirigeait vers l'arme mortelle. Les soldats braquèrent leurs armes en leur direction mais Roy leur fit signe de stopper.

« Qu'est-ce que tu comptes me faire avec ce couteau ? M'égorger ?   finit-il par dire en regardant ses mains trembler. Il continua d'un air provocateur : ...Tu t'en crois capable peut-être ?»


Il leva ensuite la main vers lui, les doigts prêts à claquer :

« En un claquement de doigts je peux te tuer. » continua-t-il.

L'enfant respirait de plus en plus fort, les larmes brûlantes coulant le long de ses joues. Mais il n'arrivait pas à se décider. Le militaire non plus. Ils restèrent quelques secondes qui semblaient durer des heures comme ceci, à se regarder droit dans les yeux, à s'immerger dans cet océan obscur et intime que sont leurs sentiments face à ce désastre infernal. Ignorant alors le poignard pointé vers lui, Roy se leva finalement et marcha vers le groupe de soldat :

« Si tu veux me tuer, essaie donc mais je te préviens je ne ferais pas de quartier... Si tu peux courir, va-t-en loin d'ici. »


Sur le coup il n'avait pas pensé que Kimblee avait vu la scène. Mais blessé, que pouvait-il faire de toute façon ? Au pire il pourrait rapporter cela à des plus hauts-gradés, rien de plus. Le jeune alchimiste n'en avait de toute façon que faire. Il n'aurait rien à dire pour sa défense mais constituait un atout de taille pour l'offensive amestrienne : il serait dur le congédier pour ce simple motif.

« Rentrons à la base. » déclara-t-il tout simplement aux autres.
Revenir en haut Aller en bas
Solf J. Kimblee
Traître lotus blanc que le sang révèle...

avatar


MessageSujet: Re: Sur une terre de sang [FLASHBACK ; PV Roy Mustang, pour l'instant]   Ven 23 Mai - 17:15

Kimblee avait sincèrement envie d’être ailleurs en ce moment même. Il pouvait tout autant s’agir d’un désir lié au fait que son lieutenant lui tournait autour comme s’il était mourant, tout comme d’un mécontentement suite à ses blessures provoquées d’une manière qu’il jugeait complétement idiote et insupportable. Oh, qu’il aurait dû partir comme Mustang le lui avait dit, plutôt qu’être curieux et rester afin de voir si le soldat debout en plein milieu de la rue constituait effectivement un piège. A présent, l’écarlate demeurait sans alchimie, mis à part s’il décidait d’utiliser la pierre philosophale, auquel cas il devrait le faire sans possibilité de témoignage de la part de Mustang.

Il lâcha un long soupir agacé et demanda durement au lieutenant Ribons de s’occuper de leurs objectifs plutôt que de sa santé, ce à quoi le soldat répondit, presque timidement, que son objectif était la survie des alchimistes d’état sur le terrain, et qu’il était donc parfaitement légitime qu’il s’inquiète. A ces mots, Solf sentit un sang vif dévaler dans ses propres veines comme un torrent fou, lassé du militaire qui l’assistait et avide de lui offrir une mort imminente. Pourtant, il eut seulement un ricanement sombre,  s’efforçant de ne pas empirer la situation déjà critique, et songeant que si une personne devait faire office de bouclier, il valait mieux que ce soit un soldat suivant les ordres aveuglément plutôt que l’alchimiste de flamme et son héroïsme crispant. Et puis, perdre Mustang comme ça serait un peu dommage, en réalité.

Ce n’était pas tant par son grade qu’il attirait l’attention de Kimblee, mais par ses actions, opposées à ses principes. L’homme au catogan, inquisiteur, ne demandait qu’à voir ce que ferait son collègue après la guerre, et comment il endurerait le poids de ses meurtres – "meurtres" à ses yeux, Kimblee aurait appelé cela des ordres. Il prenait aussi un malin plaisir à tourmenter l’alchimiste plein de bonnes intentions, et désirait voir s’il irait jusqu’au bout pour sauver ces désirs de paix, de bonheur du peuple.

Kimblee était un homme de principes. Mais jusqu’où Roy Mustang se rendrait pour appliquer les siens au lieu de suivre des ordres auxquels il ne croyait pas et méprisait ? Et c’était là, pour l’alchimiste écarlate, que tout le jeu prenait place, et où toute l’étendue de sa curiosité clamait une réponse à sa question, quand bien même il n’appréciait guère son collègue.

Ce fut sur ces pensées, après avoir vaguement jeté un coup d’œil à l’entaille de son épaule et celle de sa paume, que ses pupilles glaciales tombèrent sur une scène qui faisait étrangement écho à sa précédente réflexion.

« De trop bonnes intentions pour un simple soldat. », pensa-t-il tout haut, ne tentant pas de s’interposer quand l'alchimiste de flamme épargna un enfant ishbal. En revanche, quand ils reprirent la direction du camp, Kimblee eut grand plaisir à marcher à côté de Mustang pour détailler son expression sans aucune retenue, s’exprimant après une longue observation :

« Pour une fois, Mustang, veuillez bien croire que ce n’est pas une critique – pour le moment – juste une simple… curiosité. Mais… » Et il prit son temps pour formuler ce qu’il voulait savoir exactement, puis eut un léger sourire « Pourquoi avoir rejoint l’armée ? Vous n’êtes pas un soldat. Vous avez des idées et vous ne désirez pas suivre de simples ordres. Ironiquement, nous ne sommes pas si différents, Mustang ; vous avez vos avis, j’ai les miens, et aucun de nous deux n’aime être dirigé. Pourtant vous acceptez de tuer ceux que vous pensez innocents. Mais après ? Que ferez-vous avec la culpabilité d’avoir tué, ou entraîné une femme que vous connaissiez sur le même chemin de sang ? Ah, oui, j’ai lu votre dossier. », précisa-t-il, moqueur, sachant pertinemment que leur grade de même niveau rendait illégale une telle manœuvre. Ce n’était que grâce à ses relations avec les homonculus qu’il en avait le droit.

« Vous avez des principes, Mustang, mais avez-vous seulement un but ? Un but qui vous permettrait de réaliser ces principes ? »






"À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire."

Spoiler:
 

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




MessageSujet: Re: Sur une terre de sang [FLASHBACK ; PV Roy Mustang, pour l'instant]   Sam 7 Juin - 16:44

Bien qu'il faisait mine de l'ignorer, Roy sentait le regard de l'alchimiste écarlate le détailler avec une moquerie évidente. La tête vide et le regard fixé sur l'horizon qui se profilait, le jeune homme marchait sans réelle perception de ce qui l'entourait. On aurait dit qu'il avait la mine pensive alors qu'en réalité, il ne pensait pas. Toutefois l'agacement pointait le bout de son nez avec Kimblee qui s'amusait à le détailler afin d'y percer une faille, une contradiction. Au bout d'une vingtaine de pas, l'homme au catogan ne se fit plus prier et attaqua :

« Pour une fois, Mustang, veuillez bien croire que ce n’est pas une critique – pour le moment – juste une simple… curiosité. Mais… »

Il fit une courte pause avant de reprendre avec un sourire énervant que Roy tentait d'ignorer au mieux, sans ralentir nullement son train de marche.  

« Pourquoi avoir rejoint l’armée ? Vous n’êtes pas un soldat. Vous avez des idées et vous ne désirez pas suivre de simples ordres. Ironiquement, nous ne sommes pas si différents, Mustang ; vous avez vos avis, j’ai les miens, et aucun de nous deux n’aime être dirigé. Pourtant vous acceptez de tuer ceux que vous pensez innocents.»

Il ne le regarda pas tout de suite, même si il entendait parfaitement ce que lui disait l'homme au catogan. Roy demeurait silencieux, faisant comprendre qu'il n'avait pas envie d'aboutir à une discussion stérile avec lui. Mais cela ne l'empêcha pas de continuer tout seul :

« Mais après ? Que ferez-vous avec la culpabilité d’avoir tué, ou entraîné une femme que vous connaissiez sur le même chemin de sang ? Ah, oui, j’ai lu votre dossier. »


Même avec la meilleure volonté du monde pour ignorer ce type, Roy stoppa finalement le pas brusquement et le regarda droit dans les yeux. Il restèrent un moment à se regarder en chien de faïence tandis que les soldats s'inquiétaient de ne pas les voir avancer. Même si les districts aux alentours venaient d'être ravagés, des assauts n'étaient pas impossibles.
Il faisait référence à Riza, aucun doute. Le brun ne s'attendait vraiment à cela et ne pouvait empêcher une haine naissante croitre de plus en plus à l'encontre du major, en plus de l'étau qui lui étreignait désormais le cœur. Si ça ne tenait qu'à lui il l'aurait de nouveau empoigné comme la dernière fois mais dieu sait ce qu'il adviendrait du groupe si les deux chefs commençaient à se battre en plein sentier de guerre. Et que pouvait-il dire ? Avait-il entrainé Riza dans cet enfer ? Elle lui avait assuré que non. Elle lui avait dit qu'elle l'avait choisit de sa propre volonté et qu'elle n'y était nullement contrainte. Et tout deux savaient à quel point c'était important. C'était pareil pour lui. Il était orgueilleux mais pas au point de se targuer d'être celui pour lequel Riza s'était retrouvée sur ce champ de bataille. Pour autant la perspective de la perdre, elle comme tous les autres lui faisait mal, étant la raison pour laquelle il se tenait sur des monceaux de cadavres tous les jours, s'avançant avec une détermination froide sur le front.

Il s'était déjà perdu lui-même, tout ce qu'il pouvait faire désormais c'était massacrer pour permettre à ceux derrière lui de s'en sortir. Il s'y était résigné avec un dépit qui lui donnait la nausée mais au fur et à mesure que les journées passaient il s'était rendu compte qu'il ne pouvait faire autrement.

Il n'avait aucunement envie de se confier à Kimblee, bien que ce dernier avait touché une corde sensible. Il reprit la marche au soulagement des soldats mais passé à la hauteur de l'homme au catogan il lui déclara avec sa froideur habituelle, néanmoins teintée d'une certain mépris plus marqué :

" Ça me fait mal de dire ça mais vous n'avez pas tort Kimblee. Tout comme vous si je peux passer outre quelques ordres que je juge stupide sans aucune retombée je le fais. "


Il croisa à nouveau le regard glacial de son interlocuteur :

" Par contre nos points communs s'arrêtent ici. Je ne veux absolument rien avoir en commun avec quelqu'un de votre espèce. "


On pouvait croire que la pression était remontée mais le jeune homme n'attendait pas de réponse. Il était fatigué et avait failli se prêter au jeu sournois de l'autre alchimiste.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Sur une terre de sang [FLASHBACK ; PV Roy Mustang, pour l'instant]   

Revenir en haut Aller en bas
 

Sur une terre de sang [FLASHBACK ; PV Roy Mustang, pour l'instant]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Halloween party! [PV gens inscrit ]
» Probabilité d’un nouveau tremblement de terre 5.0 avant 21 février
» tremblement de terre haiti
» Don de sang
» Monture sang-froid et homme lézard

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Fullmetal Alchemist RPG :: STAFF :: Les Archives :: Anciens RPs-