La libraire et le Corbeau, l'enquête de la police militaire



 
Le forum va bientôt subir de grands changements ! Restez connectés ! /sbaff/

Partagez | 
 

 La libraire et le Corbeau, l'enquête de la police militaire

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Sander Heslop
Citoyen d'Amestris

avatar


MessageSujet: La libraire et le Corbeau, l'enquête de la police militaire   Sam 25 Jan - 16:41

Le petit train quotidien de Sander se succédait avec une monotonie qui lui convenait. Travailler à la police militaire de Central était calme et plutôt agréable. Mettre sous les verrous les meurtriers et les criminels permettait d'éviter que de nouvelles horreurs se produisent, une sorte d'exutoire pour Sander que les fantômes d'Ishbal ne quittaient jamais. La rédemption venait du Bien et de ce qu'il pouvait faire pour améliorer cette société. Bien évidemment, il était toujours plus facile de dégringoler que de s'élever, mais le physicien reconvertit en militaire préférait maintenant se savoir employé à mettre les monstres en prisons plutôt que de se retrouver sur le front. Peut-être finalement était-ce cela la croix qu'il devait porter maintenant, savoir ce qu'il avait fait à Ishbal et se racheter comme il pouvait. Pour la plupart des gens qu'il croisait, il n'était qu'un officier supérieur de l'armée d'Amestris comme les autres, mais, au fond de lui, il savait qu'aucun ne pouvait imaginer ce qui avait pu se passer à Ishbal. Des horreurs qui n'étaient que des mots imprimés dans le journal de Central pour la population au moment des faits, de glorieux soldats aux prises avec des rebelles...tout a l'air si simple avec des mots...si propre...mais si faux.

Sander fut arraché à ses pensées par le cahotement de la voiture dans laquelle il se trouvait. Ses mains étaient moites et tremblantes, son teint livide. L'homme sortit un petit pilulier de sa poche et avala un des cachets blancs qu'il contenait sans eau. De la sueur perlait sur son front, il l'essuya du revers de sa manche. A côté de lui, le Sous-Lieutenant Judith Block lui lança un regard interrogateur.

« Tout va bien, Lieutenant-Colonel? »


Judith Block était l'officier de police militaire qui le suivait et le secondait. Une jeune femme rousse aux cheveux coiffés en chignon et avec de petites lunettes rondes. Son physique fluet et ses petites tâches de rousseur accentuaient son côté première de la classe. Première de la classe...elle l'avait été, reçue première à l'académie de Central en section criminologie, du haut de ses vingt-cinq ans, elle comblait les lacunes de Sander en la matière de procédure standard, lui qui n'était nullement un policier militaire de formation. Comme à son habitude, Sander se contenta de la fixer de ses yeux cernés par une fatigue aussi permanente qu'intangible.

« Tout va très bien, sous-lieutenant, nous arrivons bientôt. Je compte sur vous pour avoir bien assimilé le dossier. »

La voiture qu'ils avaient pris avait été détachée du QG de West City pour les mener du train à la petite librairie dans laquelle travaillait Emily Alice Richards. Jusque là sans histoire mais dont le mariage avait été écourté à peu près deux ans après sa consommation par la maison qui avait pris feu. Son mari, Julius Amberson, commerçant, était décédé dans ce tragique accident qui avait été classé comme un feu du à un mégot par la division d'East City. Un dossier classé depuis plus de quatre ans...mais c'était ce genre d'affaire qui avait valu au Lieutenant-Colonel Sander Heslop le surnom de « Corbeau », outre son apparence sombre, il excellait dans le fait d'exhumer de vieilles affaires classées et de les résoudre. Un esprit brillant aux yeux du Colonel Henry Douglas, son supérieur direct à Central, un homme étrange pour ses collègues. La jeune femme fixa intensément son supérieur.

« Cette affaire a été bâclée... »


« Sans blague... je vous ai connu avec des déductions plus pointues...la maison a été brûlée et ils n'ont même pas retrouvé l'origine du feu, ils n'ont même pas interrogé Richards. Si son mari se trouvait à l'intérieur, pourquoi n'y était-elle pas ? »


Judith Block se contenta d'attendre que son supérieur ait terminé avant de lui tendre des photos. La jeune femme montrait le corps calciné de Julius Amberson.

« Je ne parlais pas uniquement de cela, vous voyez là ? Sur son torse...eh bien je peux supposer, sans trop espérer me tromper qu'Amberson a été poignardé. »

Sander considéra la photo, puis sa seconde. Décidément, elle était vraiment observatrice. Si Sander l'avait prise elle avec lui et pas un autre membre de son équipe, c'était bien car elle connaissait parfaitement les lois et les procédures, mais également car elle avait un sens de l'observation accru. L'officier inspira profondément, quelqu'un n'avait pas fait son travail dans cette affaire, c'était maintenant clair. Il y avait de très nombreuses zones d'ombre. Des zones d'ombres qui auraient pu être tolérées si elles ne compromettaient pas le bon déroulement de l'enquête. Si Amberson avait été assassiné, il était clair qu'un criminel courait toujours dans la nature, et pour le retrouver, le seul point de départ était Emily Richards, peut-être d'ailleurs que la jeune femme était en danger sans le savoir. Si ce criminel visait le  riche commerçant, il visait probablement aussi sa famille, et donc Emily par la même occasion. Ça, c'était dans l'hypothèse où il y avait un criminel et que ce dernier était toujours en liberté. Bien évidemment, il y avait beaucoup d'autres hypothèses beaucoup plus farfelues, mais pour le moment, Sander se refusait à les considérer, tout simplement car avant toute supposition, il fallait parler avec cette Emily Richards. Le chauffeur leur fit signe qu'ils étaient arrivés. Le soldat resterait dans la voiture, aussi, Sander laissa sa casquette à visière de cuir et son manteau, il était suivi de près par Block qui portait le dossier sous le bras.

Une fois dans la bibliothèque, Sander ne tarda pas à apercevoir Richards, une jeune femme qui avait dans la vingtaine, de longs cheveux très clairs, presque blancs et des yeux violets. Elle n'était pas désagréable à regarder et même une belle jeune femme...il était ironique de constater que le destin frappait aveuglément toutes les couches de la société et tous les types de personnes. Lentement, le Lieutenant-Colonel Sander Heslop s'approcha d'elle. Ce qu'elle verrait, un homme maigre, de taille moyenne, avec des cheveux mi-longs noirs et des cernes sous ses yeux qui en disaient long sur son état de santé et les terreurs nocturnes relatives à Ishbal qui le hantaient. Sur la veste de son uniforme, on pouvait voir le brassard blanc de la police militaire et plusieurs barrettes de décoration, toutes pour des faits d'arme à Ishbal. Si Sander avait trante-neuf ans, il était suivi d'une jeune femme rousse beaucoup plus jeune, moins gradée, mais portant aussi le brassard blanc. L'officier se stoppa net devant Emily Richards et lui sourit.

« Emily Alice Richards ? Bonjour, je me présente, je suis le Lieutenant-Colonel Sander Heslop, de la police militaire de Central, et voici le Sous-Lieutenant Judith Block. Je m'excuse platement de venir vous déranger aujourd'hui et quatre années après le drame qui vous est arrivé, mais j'ai plusieurs raisons de penser que l'affaire liée au décès de votre époux ait été classée un peu trop rapidement. Pourrions-nous trouver un endroit pour discuter ? »

Un ton courtois et aimable. Sander voulait absolument que la jeune femme accepte cette entrevue, tout simplement car si un meurtrier courait toujours, sa sécurité pourrait être compromise. Mais avant de lui annoncer quoi que ce soit, l'officier voulait entendre ce qu'elle avait à dire en l'absence d'information, lorsque les gens étaient face à l'inconnu, on pouvait parfois pressentir si les faits leur étaient totalement inconnus où s'ils avaient des informations qu'ils n'étaient pas sensés avoir.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité




MessageSujet: Re: La libraire et le Corbeau, l'enquête de la police militaire   Mar 18 Fév - 22:01

Aujourd’hui aurait pu être un jour comme les autres. Un jour où elle aurait attendu les lettres de Jean. Un jour où elle se serait occupée de sa boutique. Un jour ordinaire en soit. Malheureusement, ce ne fut pas le cas. Elle allait être chamboulée dans sa petite vie paisible par deux personnes qu’elle aurait préféré ne jamais rencontrer. Ils avaient décidé de fouiner dans la vie d’Emily et elle allait devoir en payer le prix fort. A moins qu’elle ne décide de leur mentir... Mais avant même d’avoir essayé, elle savait qu’elle n’y arriverait pas. Elle préférait avouer son crime que de continuer à mentir encore et encore....

Mais avant d’en arriver là, Emily a commencé sa matinée comme tous les autres jours. Elle s’est levée à l’aube pour que tout soit près en temps et en heure. La boutique ouvre ses portes à sept heures trente précises et rien au monde ne pourrait lui faire manquer ce moment. Rien, pas même une panne d’oreille. Elle trouverait toujours le moyen d’être à l’heure pour ses quelques clients matinaux. On ne dérange pas les habitudes de sa clientèle ! Ah moins bien sûr qu’on ne cherche à la perdre. C’était évidemment hors des plans de la jeune femme blonde...

Alors, comme prévu, Emily se chargea de l’entretien de la librairie toute la journée. Elle n’aimait pas faire de pause quand ce n’était pas nécessaire... Depuis qu’elle travaillait ici, elle n’en avait fait qu’une seule : quand Alphonse était venu lui rendre visite. Ce jour-là avait été éprouvant et riche en prise de conscience. Elle savait maintenant que son crime pouvait être pardonné, accepté mais surtout qu’elle n’était pas la seule à pêcher. Le jeune Elric et elle s’était compris et son soutien lui avait été d’une grande aide. Dommage qu’ils ne puissent pas se voir plus souvent. Elle espérait surtout qu’il se revienne un jour...

C’est en fin de journée, lorsque le soleil commençait à se coucher, que les policiers entrèrent dans sa boutique. L’un d’eux se présenta comme le Lieutenant-colonel Sander Heslop et l’autre semblant être Sous-lieutenant... Comme Havoc.  Si la situation n’était pas aussi grave, elle aurait surement sourit à ce souvenir. Elle ne trouvait pas les mots pour exprimer sa crainte. Ils avaient surement découvert la vérité et s’ils étaient venus à deux c’était peut-être pour l’arrêter. Elle ne se sentait pas prête à devoir tout abandonner de nouveau. Pas après avoir repris contact avec son ami d’enfance... Elle n’aurait pas la force de vivre de nouveau ce déchirement.

Mais comment faire ? Jusqu’à aujourd’hui, seul Alphonse était détenteur de la vérité. Il avait compris les raisons de ce meurtre et il l’avait soutenu du mieux qu’il le pouvait... Peut-être que cet homme ne comprendrait pas, peut-être que cette femme la mettra en prison. Mais elle n’avait pas d’autre solution que de tout leur avouer. Au moins ils sauraient la vérité et peut-être qu’ils feraient preuve de clémence. Enfin, c’était surement inespéré. Les militaires n’étaient pas connus pour être très compréhensifs quand un crime a été commis. Emily les fixait alors en cherchant ses mots. Il fallait réfléchir vite et paraître innocente... Du moins au début.

Déjà, ils étaient trop nombreux. Ce n’était pas comme ci elle allait essayer de s’enfuir. Si elle avait voulu le faire, elle aurait changé de nom et serait partie vivre à Xing par exemple... Mais elle n’aurait jamais cru que l’armée allait rouvrir ce dossier. L’incendie était pourtant une bonne idée pour faire passer ce meurtre pour un accident ! Que voulez-vous, lorsqu’on est une femme innocente à la base, on fait des erreurs. Elle en avait fait quelques-unes dans sa vie et celle-ci allait surement lui coûter sa liberté. Au moins, elle avait plus de chance de rester en vie en prison qu’en restant mariée avec cet homme...

« Oui, c’est bien moi. Je suis enchantée de vous rencontrer ! Bien entendu, j’accepte de discuter avec vous de ce drame qui a entaché mon passé mais... Acceptez-vous que je discute avec un seul d’entre vous ? J’ai tendance à être très nerveuse quand plusieurs personnes m’écoutent raconter mes souvenirs. »

Si la jeune libraire avait eu le choix, elle aurait préféré tout expliquer à la femme. Au fil de la discussion, elle allait peut-être parler des blessures que son mari lui avaient infligées mais c’était plus simple pour elle de se dévêtir devant une dame pour prouver qu’elle ne mentait pas. Evidemment, vu que Monsieur Heslop était plus haut gradé, il allait surement vouloir rester... Elle se plierait aux conditions mais ce qui était sûr, c’est qu’elle ne parlait pas si les deux militaires restaient. Elle détestait se sentir en position de faiblesse mais ici c’était bien pire, elle était plus bas que terre...

"Je ne suis pas une carcasse abandonnée... Laissez-moi tranquille bande de vautours !"

Cette pensée lui traversait l’esprit et elle regrettait de ne pouvoir la dire à haute voix...
Revenir en haut Aller en bas
Sander Heslop
Citoyen d'Amestris

avatar


MessageSujet: Re: La libraire et le Corbeau, l'enquête de la police militaire   Ven 27 Juin - 15:32

Sander et sa seconde étaient maintenant face à la libraire. A première vue, elle semblait être une jeune femme tout à fait fréquentable. Rien ne trahissait une quelconque inclination vers le crime. Cette inspection n'était qu'une routine après tout. Le Colonel Douglas aurait probablement désapprouvé que ses hommes perdent du temps sur une affaire classée mais Sander aimait bien se faire une idée tout seul. Sa mission lorsqu'il avait été nommé à son poste était de résoudre les enquêtes impossibles et de faire progresser la justice au sein du pays. Cette perspective était particulièrement alléchante pour un homme qui avait passé le début de sa carrière à Ishbal et qui avait eu le parcours qu'il avait eu. C'était un simple retour des choses, l'échange équivalent, tout homme désirant obtenir quelque chose doit donner quelque chose en retour d'égale valeur. Cette chose équivalente, il la donnait maintenant, sa vie oeuvrant pour la justice et pour enfermer ceux qui avaient fauté et fauteraient probablement à nouveau. En tant que militaire, il savait qu'il avait une certaine autorité, ce qui expliquait probablement que Richards soit comme surprise de le voir se présenter à elle. Cela avait un bon et un mauvais côté : le bon côté était que l'uniforme donnait en général accès à des informations que la police civile n'avait pas...le mauvais côté était dans des situations comme celle-là, les gens pouvaient être impressionnés et il était très difficile d'analyser leurs réactions avec ce biais-là. La jeune femme voulait s'entretenir avec un des deux policiers militaires, il était clair que le Sous-lieutenant Block aurait un avantage certain, c'était une femme, la moins gradée et la plus jeune. Le problème de Judith Block était simple, elle restait dans des protocoles établis, elle connaissait la procédure et s'y terrait, mot pour mot. Sander était un scientifique, il n'était pas un militaire à la base et avait en général sa propre méthode. Une méthode qui était désapprouvée par des gens de son service mais qui avait fait ses preuves.

« Très bien, isolons-nous alors. »

La voix du militaire était douce, plutôt avenante. Il savait qu'il allait devoir apaiser l'atmosphère pour savoir le vrai du faux dans cette histoire. Faisant un signe à sa subalterne, il attendit que cette dernière sorte de la boutique. C'était la fin de journée, il était très peu probable que d'autres clients viennent dans la librairie. L'homme en uniforme commença alors à inspecter les rayonnage, il semblait papillonner à la vue de tous ces ouvrages qui semblaient traiter de toute sorte de sujets.

« Eh bien, vous avez une diversité remarquable de livres. Je suis impressionné, même à Central il est difficile de trouver un établissement aussi complet. Oh, des recueils de poèmes, je pense que si j'avais été marié, c'est typiquement ce que j'aurais ramené à ma femme. »

L'homme s'arrêta un instant devant un livre qui semblait assez ancien et feuilleta le recueil de poèmes, s'arrêtant à certaines pages et faisant glisser sa main gantée de cuir avec une douceur peu commune. D'un mouvement habile, il ferma l'ouvrage et le mit à côté de la caisse pour finalement saisir un autre ouvrage plus volumineux encore.

« Oh...un manuel de sciences. Interaction entre le rayonnement et la matière. C'est un sujet passionnant, que j'enseignais lorsque je travaillais à l'université de South City. J'étais un scientifique avant d'être un militaire, vous savez. Je vais vous prendre cet ouvrage aussi. A quoi bon être dans une bonne librairie si on ne peut pas ramener quelques bonnes œuvres avec nous ? Un homme raisonnable ne saurait s'y soustraire. »

Sander posa le livre de science à côté de celui de poésie et se tourna à nouveau vers Emily. Il y avait fort à parier que ce qu'il venait de faire était une diversion. Malheureusement, il était peu probable qu'Emily arrive à déceler quoi que ce soit sur son visage, l'homme semblait totalement détaché, il était là sans y être et aurait probablement pu être un client comme les autres. Ce n'était bien évidemment pas le cas. Mais il était temps maintenant d'entrer dans le vif du sujet, et de définir clairement les règles du jeu. Pour cela, le policier savait qu'il allait devoir user d'une méthode qui pouvait être sacrilège pour certains de ses collègues...dévoiler ses motivations véritables et la vérité sur sa venue...sans mentir ni essayer de monter un quelconque piège. Il fallait parfois savoir être sincère, il était temps qu'il dévoile son jeu.

« Ce petit détail réglé, nous allons passer aux véritables motivations de ma visite. Sachez que je compatis à votre douleur et que je vais essayer d'être bref...dans la mesure du possible. Je m'en voudrais de remuer en vous la tristesse due à la perte de votre mari. Si je reviens vers vous, c'est parce que vous êtes la dernière personne à l'avoir côtoyé et que peut-être que certains détails vous ont échappé ou que vous avez oublié de les donner à la police au moment ou l'enquête a été classée. »

D'un mouvement bref, l'homme remit en place ses lunettes de vue sur l'arête de son nez. Il savait qu'il allait devoir maintenant arriver au point crucial de cette petite entrevue.

« Je vais jouer franc jeu avec vous, Madame. Je pense que votre mari n'est pas décédé dans cet incendie. En fait, je pense que l'enquête n'a pas été menée par des autorités habituées à ce type d'investigations. Plusieurs éléments me mènent même à penser que votre mari aurait été assassiné à l'aide d'un poignard et qu'on aurait camouflé le meurtre à l'aide de l'incendie. Selon ce scénario, l'incendie ne serait donc plus la cause de la mort de de votre mari mais plutôt un moyen de dissimuler des preuves...l'arme du crime serait un poignard ou un couteau de cuisine...une arme blanche. Reste une zone d'ombre dans cette affaire...l'inconnue essentielle à cette équation...le mobile. »

L'homme laissa à nouveau un peu de temps avant de continuer, il voulait qu'Emily intègre chaque étape de son raisonnement. Petit à petit, tout se dessinait, Sander avait compris qu'il devait prendre le problème à l'envers. En fait, beaucoup d'enquêteurs se bornaient à chercher des preuves pour inculper le bon suspect...il pensait qu'ils se fourvoyaient. En fait, Sander se focalisait toujours sur le mobile...le mobile était plus important que les preuves, il pouvait permettre à n'importe quel esprit attentif de décrypter une enquête, avec le mobile, on pouvait comprendre les motivations de celui qu'on cherchait et ainsi le démasquer aisément, les preuves suivaient ensuite.

« Votre mari était un homme influent, il avait de l'argent...cette piste serait la plus plausible. En fait, si c'est le cas, il est probable que l'auteur du meurtre ait cherché à vous contacter après les événements pour essayer de récolter le magot, mais j'y crois guère car il vous aurait ciblé aussi. Je pense que le motif est autre, et c'est ce qui m'inquiète car ça veut dire que vous pouvez aussi être en danger si cette personne venait à vous viser aussi par la suite. Voilà où j'en suis dans mon raisonnement, je n'ai rien de sérieux pour l'instant et je n'ai aucun élément supplémentaire. Concrètement, je suis venu pour que vous m'aidiez. Votre mari avait-il des ennemis ? Vous a-t'il paru étrange ou avait-il changé avant les événements ? Je veux savoir tout ce que vous savez, que vous me disiez vos ressentis et les gens qu'il aurait fréquenté et que vous ne connaissiez pas...tout est important. »

Il était clair que Sander ne soupçonnait pas Emily, mais il lui fallait des détails. C'était un homme droit, elle pourrait le voir, un homme qui suivait ses principes. Un homme intelligent à qui aucun détail n'échappait et dont l'esprit était affûté à comprendre les mystères du monde et à les mettre en équation...un homme difficile à berner. Comment allait-elle s'en sortir ?
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: La libraire et le Corbeau, l'enquête de la police militaire   

Revenir en haut Aller en bas
 

La libraire et le Corbeau, l'enquête de la police militaire

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Une commission d’enquête et de contrôle interne à la BRH du Cap-Haitien.
» Catalogue de libraire
» Enfin ! Baptême Petit Saule / Petit Corbeau
» Embuscade maritime [Corbeau des Mers]
» Nalim, Le Corbeau d'Umbar

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Fullmetal Alchemist RPG :: STAFF :: Les Archives :: Anciens RPs-