L'eau qui dort [Kiara Serea]



 
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 L'eau qui dort [Kiara Serea]

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MessageSujet: L'eau qui dort [Kiara Serea]   Ven 30 Mai - 8:51

Qu'il était doux d'avoir des responsabilités...de sentir que l'on faisait ce pour quoi on avait été entraîné toute une vie. Certains grands hommes vous diront que le pouvoir est un fardeau, d'autres un danger, d'autres encore une tentation ou un rêve. Pour King Bradley, ce n'était rien de tout cela, c'était simplement ce pour quoi il avait été créé. Il n'était qu'un engrenage dans le système, aussi important soit cet engrenage, aussi enviable soit sa place auprès des humains, il se contentait de faire son travail. Un travail dans lequel il excellait, il n'était pas attiré par l'argent, pas plus que par les femmes ou le pouvoir...Ses capacités et son entraînement lui permettaient de ne pas être en retrait face à de plus jeunes rivaux. L'institution qu'il avait fondé avait fait de lui un chef respecté et aimé. Le peuple l'aimait car il savait apporter à tout problème, une solution. L'être humain n'est pas compliqué à diriger, après tout, il ne cherche qu'un guide qui pourra le combler de bonheur et lui détourner la tête de l'enfer qu'est cette vie. La distraction, la prospérité, autant d'outils qui jetaient de la poudre aux yeux d'une masse paradoxalement aveugle. Bradley se contentait en plus de cela d'être aimable et abordable, une main de fer dans un gant de velours. Les humains le remerciaient même d'endosser ce rôle. Ainsi il était le berger de ces humains si simples mais en même temps si complexes. Il amenait ce troupeau vers l'abattoir certain du Jour Promis. Pouvaient-il simplement en être autrement ? Bien sûr que non car telle était la volonté du Père. Mais en attendant ce jour-là, il était celui qui faisait tourner la baraque et devait s'occuper de l'armée.

Dans son bureau luxueux, King Bradley avait soigneusement rangé toutes ses piles de document par ordre de priorité. Lisant les dossiers implacablement, l'homme s'était armé d'un stylo-plume qu'il trempait régulièrement dans un encrier pour l'abreuver de ce liquide visqueux et noir qui finissait par imbiber le papier et former des lettres puis des mots. Le Généralissime écrivait avec grâce, parfois de petits paragraphes, parfois de plus longs messages. Cette encre qui était puisée dans l'encrier était modelée et ces mots, accompagnés de la signature et du sceau royal d'Amestris donnaient des ordres clairs et concis, des autorisations et des interdictions. Les dossiers étaient ensuite à nouveau triés par le secrétariat du dirigeant et distribués dans les différents services où ils seraient traités et où les ordres seraient relayés par les différents services de l'armée et les différentes institutions de l'état. Le vieil homme travaillait ainsi des heures durant et ne sentait pas la fatigue, tout cela était comme un jeu, il savait qu'il faisait ce qu'il savait faire. Un être humain artificiel ne s'embarrasse pas de sentiments, pas plus qu'il ne poursuit d'ambition personnelle, il se contente alors de changer de point de vue, de se placer en observateur et d'apprécier le spectacle de ces petites fourmis qui s'agitent, cherchant un sens à leur vie. Le sens de la vie...Un concept aussi abstrait que virtuel dans l'esprit de Bradley, il avait été humain et pourtant, il avait toujours eu une route toute tracée, les choix n'étaient pas envisageables, il serait un jour dirigeant d'Amestris. Voilà le sens, le voilà le Graal de toute vie humaine. Etait-il un humain pour autant ? Bien sûr que non, une telle tâche n'aurait jamais convenue à un être humain standard, ce pays avait été dirigé par plusieurs Généralissimes ou quelque soit le nom qu'ils se donnaient avant lui, et à chaque fois la scène se rejouait, des hommes si prévisibles qui finissaient par devenir soit des tyrans, soit des dictateurs sanguinaires ou encore de tomber dans la luxure ou la cupidité qu'amenaient le pouvoir. L'homme était un enfant, un enfant capricieux qui ne comprenait que la menace dans certains cas...Capable du meilleur comme du pire. C'était bel et bien là la fonction de l'homonculus, servir de garde-fou et éviter les débordements, faire tomber toute tentative de sortir du rang et d'individualisme comme un soufflet.

Aujourd'hui, l'homme le plus important de l'armée avait rendez-vous. Il avait convoqué une personnalité très spéciale. Le Sergent Kiara Serea, pas un dossier qui sortait du lot d'après ce qui était dit, une jeune femme qui avait suivi les ordres et s'était bornée à un grade de sous-officier. Pas tout à fait exact...En réalité, ses capacités de chimère l'avaient rendu particulièrement intéressante pour l'armée. Même si les chimères humaines demeuraient un secret et étaient mal vues, elles étaient suffisamment rares et précieuses pour qu'on les considère comme une force à part entière. De plus, donner de la considération  à ses subordonnés en les convoquant directement, quelque soit leur grade, était un signe qui faisait paraître les dirigeants bons et sensibles, mais c'était aussi gage de souveraineté. Lorsque la jeune femme serait là, King Bradley saurait exactement comment réagir, les rendez-vous du Généralissime suivaient un protocole, tels la cérémonie du thé de Xing, tout était calculé et rien n'était laissé au hasard, sous couvert de trivialité et de non-conformisme, l'homme qui dirigeait Amestris calculait jusqu'à chaque pas qu'il devait faire.

Comme pour l'arracher à ses pensées, une des secrétaires tapa au bureau et lui annonça que le Sergent Serea était arrivé. D'un mouvement ample, l'homme fit signe à la secrétaire de déposer son plateau avec son thé sur la petite table qui se trouvait en marge de son imposant bureau de bois massif, lui signifiant avec un sourire qu'il irait accueillir lui-même sa subordonnée. Rangeant méticuleusement chaque pièce du dossier qu'il était en train d'examiner, l'homme se dirigea vers la porte et salua la jeune femme en uniforme, lui faisant signe d'entrer dans son bureau. Bien évidemment, le chef d'état n'avait donné aucune spécification sur le motif de cette convocation, ils ne s'étaient d'ailleurs jamais rencontrés et il fallait reconnaître qu'il ne savait pas trop à quoi s'attendre. Refermant délicatement la porte, l'homme sourit à celle qu'il avait convoqué.

« Bonjour Sergent Serea, votre ponctualité vous honore. J'espère que vous avez pu venir facilement et que cette convocation ne vous a pas arraché à des tâches qui vous mettrons en retard sur vos activtés...si c'était le cas, je veillerai à ce que justification à cette absence soit apportée. »

Une voix calme, grave, paternelle, un sourire bienveillant. Voilà à quoi ressemblait King Bradley. Il considéra celle qu'il avait fait entrer, une jeune femme d'une beauté comme on en voyait peu. Ses cheveux rouges, son visage, son corps, rien ne semblait connaître l'imperfection dans son apparence, il en allait de même par son uniforme qu'elle portait conformément à la réglementation. Sur ce point-là, Bradley ne détonnait pas avec elle, il portait son uniforme bien boutonné, impeccablement repassé et ses cheveux étaient coiffés avec une précision peu commune, même sa moustache semblait avoir été arrangée. D'un point de vue extérieur, il était le dirigeant parfait.

« Je vous en prie, mettez-vous à l'aise. Je m'apprêtais à prendre une tasse de thé, si le cœur vous en dit, joignez-vous à moi, nous pourrons ainsi discuter du sujet duquel je voulais m'entretenir avec vous. »


L'homme lui avait désigné un des fauteuils autour de la petite table où se trouvait le plateau et le thé. Bientôt, les choses sérieuses allaient pouvoir commencer et il révélerait à la jeune militaire les raisons de cette convocation.
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MessageSujet: Re: L'eau qui dort [Kiara Serea]   Ven 30 Mai - 10:02

Kiara était nerveuse. Elle revenait à peine de sa permission qu'elle avait reçu une convocation. On la lui avait remise alors qu'elle était à son bureau avec ses collègues. Elle avait ouvert le courrier et écarquiller les yeux en voyant que le Führer la convoquait à quinze heures précises dans son bureau. Elle avait regardé l'heure à la pendule pour remarquer qu'elle n'avait que dix minutes pour se rendre de l'autre côté de l'immense bâtiment. Elle avait alors pris sa bouteille d'eau et avait couru, saluant chaque supérieur au passage, jusqu'au bureau de la secrétaire. Avec quatre minutes d'avance, elle avala tout le contenu de sa bouteille d'eau et la posa dans un coin, pour la récupérer après, elle passa également aux toilettes pour se rafraîchir, se recoiffer d'un chignon serrer, réajuster son uniforme. Fin prête, elle était ressortie juste à temps.

Prise de court quand le plus important des hommes vain l'a cherché en personne, elle se mit rapidement au garde-à-vous pour le saluer. Puis elle le suivit dans l'immense bureau, d'ailleurs seule les pièces était grande, le bureau en lui-même et la chaise paraissait ridiculement petit, comme les deux canapés et la table basse. Kiara découvrait l'environnement du chef de l'état, assez sobre et épurer. Des gouts simples pour un homme complexe. Et sacrément impressionnant aussi. Il avait au moins une tête de plus qu'elle, était large d'épaules, se tenait bien droit, et ce sourire... Il lui donnait un frisson, bien que chaleureux, la jeune femme savait que les hommes de pouvoir avaient souvent un double visage. Il fallait donc restez méfiante.

- Non, je suis revenu hier de permission, donc tout va très bien, mes collègues, ce sont bien occuper des dossiers. Je n'ai rien en retard.

Cependant, d'un naturel aimable, la jeune femme accepta la tasse de thé et s'assit dans le mouvement vu qu'elle y était invitée.

- Merci Monsieur, c'est très gentil.

Répliqua-t-elle simplement de sa voix calme et chaleureuse. C'était agréable, jamais un supérieur ne lui avait proposé de prendre le thé, elle un simple sergent. Bien qu'elle ait pu monter en grade, elle avait toujours laissé ses collègues se valoriser. Bien qu'une solde plus élever lui aurais été utile pour quitter l'armée et reprendre ses études de médecine. Mais elle savait très bien que le fait qu'elle ne soit plus humaine entrait en compte que le faite qu'elle ne monte pas en grade.

Un peu perdue dans ses pensées, elle regarda de nouveau l'homme. Donc pourquoi l'avait-il convoqué en personne ? Il n'y avait aucune raison qui pousse cette personnalité à rencontrer les sous-officiers non ? Elle reposa la tasse sur la table et joignit ses mains l'une avec l'autre sur ses genoux. Elle sentait que ses mains étaient sèches, et voilà, elle n'aurait pas dû courir. Un bon bain et vite !

- Veuillez m'excuser ...

Elle sortit une petite pochette de sa poche, et l'ouvrit et sorti un mouchoir humide et se nettoya les mains. Cela pouvait la faire passer pour une maniaque de la propreté, à vrai dire, c'était déjà le cas dans son service. Cependant, elle ne quittait pas du regard l'homme attendant patiemment la raison de cette convocation.

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MessageSujet: Re: L'eau qui dort [Kiara Serea]   Ven 30 Mai - 11:05

King Bradley demeurait égal à lui-même, souriant et poli. La jeune femme semblait aussi toute à fait prompte à être polie. Alors qu'elle s’asseyait, King Bradley en fit de même, servant le thé comme s'ils avaient été deux amis. Les deux militaires se faisaient donc face. Lentement, le Généralissime sortit une petite pochette qu'il déposa sur la table. Comme à son habitude, le chef d'Amestris était extrêmement ordonné. D'un mouvement distingué et tout à fait calme, l'homme prit une gorgée de thé.

« Excellent, nous n'aurons donc pas cet élément de stress. Je sais comment sont les officiers, lorsque j'étais moi-même encore un aspirant...vous n'étiez pas née je suppose...nous devions rendre des rapports sur tout. Une autre époque bien plus tumultueuse, le pays était bien moins stable, mais il y a des traits de caractères qui ne changent pas. Je me souviens d'une fois où un des chiens de la base avait volé un de mes rapports et l'avaient dévoré...bien évidemment l'excuse n'avait pas été crue par mon supérieur. »

Bradley ponctua sa phrase d'un rire, comme si ces souvenirs lui rappelaient une période qu'il jugeait maintenant agréable. Les souvenirs semblaient affluer en cette figure paternelle. Bien évidemment, la plupart étaient soient inexacts, soit les situations avaient été créées de toute pièce pour lui fournir un alibi et surtout un passé. Mais cela importait peu, ce souvenir était tout de même agréable et l'amusait beaucoup, l'image du chien dévorant le papier le fit sourire à nouveau tellement elle lui paraissait loufoque. Les images pouvaient parfois rester graver dans l'esprit d'un homme qui n'en était pas vraiment un. L'homonculus de la Colère porta à nouveau la tasse à sa bouche et fixa à nouveau la jeune femme.

« Excusez-moi, je pense que vous n'avez pas forcément envie d'entendre les histoires d'un vieil officier. »


L'homme se ravisa, il avait hoché de la tête lorsqu'elle lui avait prié de l'excuser. Sa condition de chimère et les exigences inhérentes à cet état de fait, il les connaissait parfaitement, ayant accès à tous les dossiers. Le Sergent Serea n'avait pas vraiment fait de baptême du feu mais il y avait un certain nombre de choses qui avaient attiré l'attention de Bradley dans son dossier et l'avaient profilé pour la mission qu'il envisageait de lui confier. Une mission de la plus haute importance mais surtout urgente. Si la jeune femme ne le quittait pas du regard, il en était de même pour Bradley dont le regard était devenu bien plus sérieux alors qu'il sortait des feuilles imprimées de la pochette qu'il avait en main.

Sur les feuilles étaient disposées plusieurs cartes et plusieurs indications, comme si elle décrivaient un lieu particulier. Certaines datées de plusieurs années auparavant. Rien de forcément excitant si on considérait chaque document séparément. L'oeil unique du Généralissime semblait relire certains passages colorés du rapport et il se tourna à nouveau vers la jeune femme, prenant maintenant une voix professionnelle, presque grave.

« Si je vous ai fait venir, Sergent Serea, c'est pour vous confier une mission. La plupart de mes hommes de la police militaire et des sections relatives à l'espionnage sont occupés et nous n'avons pas vraiment de ressource humaine à mettre sur cette mission. Vous comprendrez également vu la délicatesse du dossier que je fasse appel à vous directement et que vous gardiez le silence là-dessus. »


Le chef de l'état amenait doucement le sujet, pour le moment Kiara aurait probablement du mal à comprendre pourquoi on faisait appel à elle si un dossier était aussi délicat. En effet, même si la police militaire et l'espionnage étaient occupés, il n'y avait pas de raison qu'on la convoque elle. Cela était vrai lorsqu'on n'avait pas tous les détails de la mission et des objectifs bien sûr, mais ces détails, Bradley les distillait, comme s'il attendait que la jeune femme intègre toutes les informations. Délicatement, il tendit deux feuilles à Kiara. Sur l'une se trouvait une carte, la carte décrivait une zone isolée de l'Ouest, quelques champs semblaient entourer une forêt immense. Plusieurs croix rouges avaient été tracées dans les champs et un triangle noir désignait un point au beau milieu du bois. L'homme reprit avec la même voix calme et posée. Sur l'autre dossier se trouvait une très vieille photo jaunie désignant un bâtiment assez ancien qui ressemblait à une sorte de ferme au beau milieu d'arbres forestiers.

« Sur cette carte, vous pouvez voir un bois de l'Ouest, le bois des mares, situé dans une région agricole. Depuis trois semaines, plusieurs agriculteurs de la région ont été portés disparus à l'orée de ce bois et d'autres témoignages affirment avoir vu des hommes armés qui n'avaient jamais été vu auparavant entrer dans le bois. Bien évidemment, vu la localisation et la faible densité de la population, les rapports ont mis longtemps à revenir jusqu'à un poste de police décent et jusqu'à nous, mais c'est chose faite. Au cœur de ce bois se trouve une ferme qui a été construite au milieu du siècle dernier, quand l'Ouest était une région encore en guerre, les agriculteurs stockaient du grain en cas de coup dur et avaient pour coutume de se cacher dans le bois. D'après ce que j'ai pu comprendre, les stock étaient situés dans un important réseau sous-terrain. »

King Bradley reprit sa respiration, laissant quelques dizaines de secondes de répis, comme pour laisser la jeune femme assimiler les informations. Il savait pertinemment où il voulait en venir et il donnait toutes les informations à Kiara, comme s'il était persuadé de pouvoir totalement lui faire confiance. Le charisme du chef d'état le mettait en général à l'abri des trahison, il le savait et jouait sur cet aspect pour fédérer ses troupes.

« Tout semble indiquer qu'il se passe quelque chose dans cette région et que l'épicentre de ces disparition est cette petite ferme. L'éloignement géographique de la région et la difficulté d'accès sont un obstacle à une opération militaire...de plus, je ne peux pas me permettre de déplacer des hommes sans savoir exactement ce qui se passe dans cette région. Votre mission sera d'aller enquêter et de me rapporter des informations sur ce qui se passe dans cette ferme. Vous devrez être discrète et ramener le plus d'informations possibles. Vous serez sous l'autorité d'un officier de la police militaire. Si je vous ai choisi pour cette mission, c'est également car votre profil et vos capacités collent parfaitement avec un détail très gênant de la topologie de ce bois. Après avoir consulté les archives, il y a eu un de nos ingénieurs hydrologues qui a fait une étude complète sur cet endroit, et on ne l'appelle pas le bois des mares pour rien, il y a une importante nappe phréatique et de nombreuses résurgences...ce qui explique qu'une importante partie du réseau sous-terrain de la ferme qui est notre cible soit...inondée. »

Voilà donc pourquoi elle collait parfaitement à la mission, Kiara pourrait se déplacer dans le réseau de tunnel et respirer sous l'eau si le besoin s'en faisait sentir. King Bradley n'avait pas présenté cela comme une tare, comme étaient souvent vues les chimères, mais plutôt comme une compétence, l'homme était professionnel, il ne semblait pas juger. L'homme se tourna vers Kiara à nouveau.

« Voilà, j'ai fini de parler. Comme je vous débauche un peu de vos tâches habituelles, j'aimerais savoir si vous vous sentez capable d'accomplir cette mission et si vous l'acceptez. J'aimerais également votre avis sur la situation et la question...comment comptez-vous vous y prendre ? »

La question était posée étrangement de la part d'un supérieur. Bradley la posait comme si lui-même ne savait pas vraiment qu'en penser. C'était également ce type de comportement qui le rendaient si populaires, il était compétent et précis mais laissait la parole à ses subordonnés.
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MessageSujet: Re: L'eau qui dort [Kiara Serea]   Ven 30 Mai - 12:33

Kiara l'écoutait tout simplement tout en buvant le thé. Ha le coup du chien qui bouffe les devoirs, elle l'avait sorti cette excuse quand elle avait six ans. Le truc, c'est qu'elle n'avait pas de chien, donc ça n'avait pas bien fonctionné. Des yeux, elle suivait les mouvements de son supérieur, bon le dossier, bon point enfin elle savoir pourquoi elle était là.

Ou pas.

Le généralissime semblait d'humeur à évoquer d'anciens souvenirs. Non effectivement, elle s'en fichait pas mal des souvenirs du maitre du pays. Mais politesse oblige.

- Pas du tout monsieur. Et peux-vous ne faites pas vieux du tout.

Il est vrai qu'elle avait entendu les prouesses de l'homme sur le terrain, donc fatalement, elle voulait bien être aussi agile quand elle aurait le même âge que lui dans plusieurs années. Ha enfin l'homme d'état devenait sérieux. Elle regarda les cartes et papiers. Elle remarqua tout de suite que cette zone était de type forestière en contre bas de montagne, et qui dit montagne, dit fonte des glaces, et vu que le terrain était en cuvette cela voulait dire inondable. Toute fois, elle ne dit rien et continua d'écouter les informations. Cela lui faisait étrange de recevoir directement ses ordres des plus hautes sphères. Le truc bien est qu'elle connaissait cette zone, car chaque année, il y avait la fête de la récolte dans le village qui bordait cette forêt, elle y était allée plusieurs fois avec ses parents et si elle ne se trompait pas, la fête avait commencé aujourd'hui, pour une semaine.

La question la prit un peu au dépourvu, en plus elle ne serait pas seule sur la mission, cela n'était peux être pas plus mal.

- Hum, je connais cet endroit. La ferme est abandonnée depuis longtemps, car elle est désormais entourée de marécage ou se trouve des prédateurs. Cependant, il y a une fête qui a débuté aujourd'hui même dans le village qui cultive les champs alentour. La vête de la moisson. J'y suis allé plusieurs fois enfant. Ma tante et mon oncle y vivent, je peux déjà dire que j'y vais, car j'aurais eu un prolongement de permission et loger chez eux, ce serait ma couverture... l'officier est un homme ? Si oui, je peux le faire passez pour mon petit ami du moment, si c'est une femme, juste pour une amie.

Elle montra le village sur la carte, puis une autre zone en bordure de forêt.

- Ici se trouve le puits sans fonds, c'est en faite un accet a des grotte souterraine, elle sont innondé comme vous me l'avez dit. Mais il y a d'immanence poche d'air et des plate forme ou l'on peux stocket ce que l'on veux. Enfin a condition de savoir ou l'on va dans ce noir et d'avoir de quoi respirer sous l'eau. Les trajets son assez long. Si je me souviens bien, il y avait un vieux passage sous la ferme. Mais a savoir s'il est utilisable, je ne sais pas. J'ai ce qu'il faut pour plonger longtemps, je pourrais vérifier. Je tenterais de trouver une voie d'accès terrestre aussi, on ne sait jamais. Je veux dire sans emprunter de bateau. Mais si les habitants kidnappés son vivant, ils seront dans cette ferme, ou dans les grottes.

Elle prit une gorgée de thé, ça donnait soif tout ça.

- De toute façon, je vous ferais part de mon rapport dans les plus brefs délais. Si les otages son vivant, dois-je intervenir et leur porter secours ?

Elle préférait demander, car mine de rien, c'était une mission d'espionnage, pas de secourisme. De plus si les personnes kidnappées étaient retenues dans une des grottes, il lui serait difficile d'intervenir sans éveiller les soupçons. Sans compter que l'officier a part lui servir de couverture n'allais pas servir à grand-chose.
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MessageSujet: Re: L'eau qui dort [Kiara Serea]   Sam 31 Mai - 4:50

Le vieil officier écoutait avec attention ce que Serea avait à dire. Il y avait une sorte d'amusement en lui alors qu'il l'écoutait. La jeune femme semblait avoir attendu le bon moment pour parler et s'exprimer. Décidément, elle avait plus d'un tour dans son sac, elle connaissait la région et proposait déjà un plan d'attaque. Le but d'avoir mis un officier avec elle était précisément pour qu'elle soit chapeautée mais elle n'en avait visiblement pas besoin. Quoi qu'il en soit, l'expérience du militaire qui serait avec elle dans les affaires d'espionnage et d'enquête serait toujours un plus et amuserait beaucoup le Généralissime qui était constamment en train de tester de nouvelles combinaisons. L'homme se contentait de se masser le menton en écoutant attentivement ce que la jeune femme avait à dire, il l'écoutait religieusement. Encore un trait de caractère qui détonnait avec les autres officiers qui préféraient dicter des ordres ou prendre l'initiative, lui ne semblait pas avoir besoin de cela pour assoir son autorité. Le chef du pays était posé, intelligent et efficace, il se contentait de boire son thé avec la même attention qu'il écoutait Kiara Serea. Cette chimère avait visiblement de la suite dans les idées, il était étonnant qu'il ne se soit pas intéressé à son cas bien plus tôt. La laissant parler jusqu'à la fin de ses dires, King Bradley se contenta de lui tendre un petit récipient contenant de petites pâtisseries.

« Servez-vous, en tout cas, moi je vais en prendre une, avec l'âge j'ai de plus en plus de mal à résister à ce genre de petites douceurs. »

Le ton était redevenu doux et sympathique, associé à un sourire bienveillant d'une figure paternelle. L'homonculus prit une pâtisserie et l'avala, puis son expression sympathique disparut aussi vite qu'elle était apparue, reprenant un air tout à fait sérieux. Le Généralissime répondit alors au Sergent Serea, ses mots étaient prononcés avec une diction parfaite, il n'y avait aucune hésitation, comme si tout avait été réfléchi, comme s'il s'agissait d'un discours.

« Eh bien, je suis assez satisfait de ce que vous me dites là, si vous connaissez la zone, tout sera très facile. Pour ce qui est de l'accès, je vous laisse carte blanche, je n'ai pas vraiment d'avis sur la question, vous serez seuls et nous ne pourrons pas communiquer une fois que vous serez là-bas. L'idéal est de garantir une certaine discrétion et de ne pas se faire repérer par les responsables de ces enlèvements s'ils se cachent vraiment dans cette ferme. Votre mission est essentiellement l'observation et l'espionnage, ne prenez aucun risque inutile, si vous localisez les personnes qui ont été enlevées, c'est vous qui voyez, s'ils sont en danger immédiat, vous pourrez tenter quelque chose, mais si ce n'est pas le cas, vous devrez rejoindre le poste le plus proche et demander des renforts. Je ne veux absolument pas que vous risquiez vos vie, je veux surtout tirer cette histoire au clair, savoir qui sont les gens qui ont été aperçus, ce qu'ils préparent et pourquoi ils ont enlevés les fermiers. »

Il était clair que pour l'instant, personne ne savait si les personnes capturées étaient en vie et pourquoi elles avaient été enlevées. En fait, Bradley craignait que ces gens soient des rebelles ou une autre organisation séparatiste comme le pays en avait vu plusieurs. Auquel cas, il allait falloir tuer le mal dans l'oeuf, comme à chaque fois. Le peuple était du côté du Généralissime mais ses cours de politique l'avaient toujours rendu extrêmement méfiant vis-à-vis de la popularité et des courbettes. Être un bon chef, c'était également savoir faire preuve d'autorité et ne pas plier face aux ennemis. Après tout, bien connaître ses ennemis et savoir identifier clairement leurs objectifs était la plupart du travail à faire pour les éliminer. Le vieux Bradley avait toujours su se libérer de tous les complots et s'en sortir, contrairement aux précédents chefs d'état. Même la crise d'Ishbal avait su être gérée correctement et le génocide avait été vendu comme une opération de pacification, tout était dans la communication.

Le Généralissime tendit à Kiara une autre fiche, c'était le dossier d'un officier, le Lieutenant-Colonel Sander Heslop. La photo montrait un homme au visage émacié et pâle, des cernes imposantes autour des yeux à peine masquées par d'imposantes lunettes de vue et des cheveux mi-longs décoiffés. Le tout était décoré d'une barbe de deux jours, un homme négligé dont l'appartenance à l'armée ne semblait être marquée que par le col de l'uniforme bleu visible sur la photo. D'après les informations, il appartenait à la division d'investigation de la police militaire, un enquêteur. D'après le dossier, ses principaux faits d'armes se situaient à Ishbal.

« Votre partenaire sera le Lieutenant-Colonel Sander Heslop, vous appartenez à des services différents mais il a une grande expérience des investigations et des enquêtes. Il vous sera d'une aide précieuse et je pense que pour ce qui est la couverture, c'est tout à fait possible, mais vous devrez vous entendre avec lui. Le Lieutenant-Colonel a déjà eu le dossier et il devrait arriver d'ici peu... à vrai dire, il est déjà en retard, mais ce n'est pas grave, nous patienterons. »

Il n'y avait aucun agacement dans la voix de Bradley, en fait, il était plutôt satisfait de passer du temps seul avec Kiara, peut-être que la présence d'Heslop l'aurait empêché de s'exprimer sur la mission et que ses idées n'auraient pas été prises en compte. Ainsi, le Généralissime avait pu voir toute l'intelligence de Serea, ce qui l'étonnait, c'était qu'elle ne soit pas monté en grade...il se promit d'ailleurs de réfléchir à cela après la mission. Les profils des deux militaires étaient fondamentalement différents, leur personnalité aussi d'ailleurs, c'était ce qui amusait le Généralissime qui était curieux de voir comment les deux humains s'en sortiraient face à cette mission...

HRP : c'est à toi, je ferai intervenir Sander au prochain tour de post.
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MessageSujet: Re: L'eau qui dort [Kiara Serea]   Sam 31 Mai - 6:11

Kiara regarda l'assiette de pâtisserie, et refusa poliment argumentant rapidement que c'était mauvais pour sa ligne. Comme à son habitude, elle écoutant sans interrompre son supérieur. C'était amusant de voir les expressions de l'homme changer aussi vite, comme les lunatiques, sauf que lui restait absolument charmant. C'était humain de changer aussi vite d'expression de visage ? Sans doute, elle avait vu de loin un colonel fort mignon s'emporter vitesse grand V alors qu'un autre militaire lui montrait des images en l'abreuvant de parole incompréhensible. Elle n'était pas restée assez longtemps à ce moment-là dans le couloir pour voir la suite mais avait entendu un « vroumf » et quelque exclamation.

Ainsi, ce serait comme elle le pensait de l'observation. Mais avait le droit d'intervenir si les otages a supposé qu'ils étaient encore vivants, était en danger de mort. Elle prit le dossier qu'il lui tendait et l'ouvrit, et grimaça devant l'apparence de son collègue et supérieur. La dégaine de cet homme foutrait en l'air leur couverture, sa tante et son oncle les grilleraient directement, elle ne sortait qu'avec des hommes soigner, si elle se ramenait avec ce plouc... Et bien elle finirait chez le psy de force et lui, le pauvre se ferait jeter à la rue a coup de fusil de son oncle. Mine de rien, sa famille était très protectrice et avait une certaine tendance à ne pas voir plus loin que le bout de leur nez.

- Je vois, il y a quelque modification physique à apporter pour que la couverture soi crédible, après je ne doute pas que c'est un gentil garçon
.

Elle sourit pour alléger ses paroles, faisant clairement comprendre que le dirigeant devrait donner un ordre à cet homme pour qu'il s'arrange physiquement pour ne pas compromettre la couverture. Car si cela venait d'elle, étant d'un grade inférieur quand même, il y avait un risque que le lieutenant-colonel refuse.

- Il est important que notre couverture soit parfaite, si ma famille y croit, alors n'importe qui y croira et nous pourrons allez ou nous le voulons sans éveiller les moindre soupçons une fois sur place.

En plus, un retardataire, vu la mine horrible sur la photo, cet homme avait dû s'endormir dieu sais où. Elle détestait les retardataires ! Il n'y avait rien de plus inconvenant qu'être en retard, que ce soit à un rendez-vous, dans le travail et les dossiers et surtout à une convocation.

Ça promettait comme mission... Finalement elle se laissa tenter en guise de réconfort par un petit sabler miniature qu'elle grignota tel une petite souri tout en réfléchissant à diverse possibilité de vêtements pour cet homme négliger, elle en était presque sûr, un bain et un soin de la peau serais nécessaire pour qu'il ait l'air moins fatigué. Aucun doute, comme elle, il passait son temps à travailler. Avait-il une vie sociale ? Savait, il se comporter correctement en société, tant de questions sans réponse.

Enfin, elle n'allait pas tarder à le savoir, la secrétaire venait de frapper à la porte pour annoncer l'homme. Elle se leva donc attendant.
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Sander Heslop
Citoyen d'Amestris

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MessageSujet: Re: L'eau qui dort [Kiara Serea]   Sam 31 Mai - 13:06

Le Lieutenant-Colonel Sander Heslop était en retard, il regardait nerveusement sa montre. Le Généralissime lui avait donné un rendez-vous à une heure très précise, étant revenu d'une inspection, il avait fait appel à un chauffeur pour venir le chercher à un petit appartement de fonction qu'il occupait dans Central. La voiture noire était coincée dans les embouteillages. Manteau de cuir au-dessus de l'uniforme et casquette bien enfoncée sur le crâne, Sander observait la circulation nerveusement. Central était vraiment un trou à rat, il détestait cette grande ville, mais les obligations professionnelles obligeaient parfois les militaires à prendre de nouvelles directions. Le dossier qu'il avait reçu du Généralissime était curieux, un dossier de plusieurs pages sur d'étranges disparitions, dans un endroit des plus isolés. Le Sous-Lieutenant Judith Block avait eu ses propres obligations et il avait du examiner ce dossier sans son assistante, le Généralissime avait d'ailleurs exigé que ce soit lui en personne qui s'occupe de cette enquête. Cela lui semblait curieux, il était principalement un administratif qui n'avait jamais été choisi pour le terrain, ses compétences se limitaient à des enquêtes qu'il menait de son bureau ou par des interrogations et à son travail pour la section scientifique qui visait à améliorer les polymères utilisés dans la fabrication de pièces plus légères pour les blindés. Des tâches principalement banales et souvent très administratives, le genre de tâches qui allaient très bien au Lieutenant-Colonel qui ne voulait plus vraiment retourner sur quelque terrain que ce soit depuis Ishbal. La plupart des militaires nouvellement recrutés n'avaient jamais vu le front, certains d'entre eux avaient d'ailleurs une très grande admiration pour les vétérans et se projetaient déjà sur les champs de bataille pour se couvrir de gloire. Sander avait régulièrement envie de leur rire au nez, lui avait expérimenté ce genre de choses et savait comment cela se passait, au lieu de la gloire, il n'y avait qu'une odeur pestilentielle, celle de la peur, du sang et du meurtre. Les batailles faisaient partie de ces endroits où un être humain pouvait laisser une partie de son âme et ne jamais la récupérer. Sander n'avait été engagé que comme un scientifique devant rester loin du front mais la faible application directe de ses recherches et le fait qu'il ait un grade et une formation à l'académie l'avaient propulsé sur la ligne de front. Encore une fois, ces vieux démons venaient le tourmenter, il fallait stopper tout cela, pour s'occuper l'esprit, l'officier relut le dossier pour se le mettre en tête. Il allait être en retard, rien de pire que d'arriver et de ne pas savoir de quoi il allait falloir parler. Bien que les buts de cette mission soient clairs, le mode opératoire n'avait pas été donné par le Généralissime, ils ne seraient d'ailleurs que deux. L'histoire était extrêmement brumeuse, des gens enlevés, des hommes en arme aperçus...probablement une milice locale qui se sentait encore pousser des ailes. D'un air sombre, Sander rangea les documents et saisit la chemise sous son épaule. La voiture avait réussi à s'extraire d'un embouteillage et était maintenant face au QG militaire de Central.

Le chauffeur stoppa le véhicule et ouvrit la portière à l'officier qui sortit en le saluant. D'un pas décidé, Sander montra ses accréditations et passa les barrages de sentinelles à l'entrée du centre névralgique du pays. Si Amestris avait du avoir un cœur ou un cerveau, c'était bien ce bâtiment. Avançant le plus vite possible, l'homme se dépêcha pour atteindre l'aile où se trouvait le bureau du Généralissime. Là-encore, il fallut passer un nouveau barrage administratif et militaire. On se saisit de son manteau et de sa casquette pour aller les déposer au vestiaire et l'officier fut accompagné devant la gigantesque porte de bois massif sculpté qui donnait sur le bureau de l'officier suprême. Beaucoup auraient ressentis de l'excitation ou une fierté, mais Sander ne ressentait que de la gène d'être en retard, même si cela ne représentait que quelques minutes, il savait pertinemment que cela avait été remarqué. Comme à son habitude, l'officier n'avait pas la meilleure mine qui existait, ses lunettes cachant à peine ses cernes, ses cheveux sommairement coiffés. On l'annonça et il fut invité à entrer. Se mettant au garde-à-vous, l'homme salua son supérieur et l'autre personne qui était présente. Attendant d'être introduit et invité, il s'avança et prit place.

« Je m'excuse platement pour mon retard. »

La phrase était laconique, prononcée d'une voix totalement monocorde et grave. L'officier avait pris place et sortait déjà les pièces de la chemise cartonnée qui contenait les pièces du dossier. Avec l'application terne d'un élève excessivement studieux, l'homme au teint pâle et émacié se plongea directement dans les dossiers, écoutant ce que les deux avaient à dire. Avec des yeux interrogateurs, il scruta Kiara, il n'avait jamais vu cette jeune femme mais analysa tout de suite le fait qu'elle avait des pattes d'épaule indiquant le grade de Sergent, elle était probablement celle qu'on lui désignait pour cette mission. Attendant que le Généralissime lui présente officiellement, il s'était contenté de l'observer sans même sourire ni la considérer autrement, il l'avait simplement salué généralement en entrant dans la pièce. Au-delà de son apparence négligée, Sander avait un uniforme impeccable, ses décorations accrochées avec soin, toutes provenant de faits d'arme pour Ishbal.
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MessageSujet: Re: L'eau qui dort [Kiara Serea]   Sam 31 Mai - 13:08

King Bradley avait une fois de plus entendu les recommandations de Kiara. Plus la conversation avançait, plus il était satisfait d'avoir fait appel à elle. La jeune femme avait pris les choses en main et son plan était bien rôdée. Il était clair qu'elle allait probablement prendre la main sur le terrain. Le Lieutenant-Colonel Heslop n'avait pas sa connaissance des lieux et l'infiltration ne pourrait être fructueuse que si quelqu'un se dévouait pour les mener. Heslop était un homme terne et qui paniquerait probablement très vite sans son uniforme, ce qui amusait profondément Bradley qui aurait aimé être une petite mouche pour voir comment les choses allaient se dérouler. Le mélange qu'il avait concocté pour cette mission était original mais les deux militaires étaient compétents. Il allait falloir composer. Les remarques de Kiara étaient tout ce qu'il y avait de plus normal et Bradley sourit en lui répondant avec un air amusé.

« Il est vrai que le Lieutenant-Colonel Heslop se laisse un peu aller depuis Ishbal, soit la plupart de sa carrière, mais vous verrez, je suis sûr qu'il sera ravi de travailler avec vous. Vous aurez toute autorité sur lui pour l'infiltration et même la phase d'entrée dans la ferme. Je veux que votre plan réussisse et si ça passe par là, je m'occuperai personnellement de veiller à ce qu'il suive vos directives. »


Heslop était un chien de l'armée, il suivait les ordres à la lettre et se laisserait probablement faire si les ordres venaient d'en-haut. Ce n'était pas non plus un guerrier mais ses compétences et son esprit très vif pourraient en faire un élément indispensable à cette mission. D'autant plus qu'Heslop avait quelque chose que beaucoup n'avaient pas parmi les militaires de carrière, c'était un homme très rigoureux qui avait une modération très développée, il ne laissait jamais rien au hasard et préférait constamment la prudence, ce qui était essentiel dans une mission d'observation. S'ils venaient à se faire repérer et que la couverture tombait, si les hommes sur place étaient bien informés, ils pourraient fuir ou exécuter d'éventuels otages. Les possibilités étaient multiples lorsqu'on ne savait pas ce que voulaient nos ennemis. Cette histoire était préoccupante par sa soudaineté, la visible organisation des hommes impliqués et le mystère qui planait sur leurs intentions. La jeune femme se laissa finalement tenter par un sablé.

Une des secrétaires entra, annonçant le Lieutenant-Colonel qui venait d'arriver. L'homme entra dans la sale, saluant l'assemblée avec sobriété. Egal à lui-même, l'homme attendit qu'on lui dicte la marche à suivre. Le Généralissime sourit lorsqu'il s'excusa pour son retard.

« Eh bien, Lieutenant-Colonel Heslop, venez donc vous joindre à nous, vous prendrez bien un peu de thé. Ne vous en faites pas pour votre retard, cela nous a permis de mettre certaines choses au point et de définir une stratégie. »

Une fois que l'officier fut assis, Bradley officia les présentations.

« Lieutenant-Colonel, je vous présente le Sergent Kiara Serea, elle vous accompagnera dans cette mission et se trouve posséder certaines inclinations pour l'espionnage. Sergent Serea, je vous présente le Lieutenant-Colonel...ou serait-ce plus approprié de dire le Docteur Heslop, il a travaillé de nombreuses années dans notre service scientifique et est un des investigateurs principaux de l'unité du Colonel Henry Douglas, à Central. »

Heslop parut piqué au vif lorsque Bradley évoqua son appartenance ancienne aux divisions scientifiques, comme si cela remuait en lui un mauvais souvenir, il fit une moue étrange. Mais Bradley se continuait de sourire. L'officier suprême se contenant de continuer en terminant sa tasse de thé.

« La mission sera simplement de tirer cette histoire au clair, une mission de collecte d'information, comme spécifié dans la lettre que vous avez reçu, Lieutenant-Colonel. Nous avons déjà défini une stratégie avec le Sergent Serea, la mission comportera une certaine phase d'infiltration, vous serez donc sous sa totale autorité pour cette phase. Ne vous inquiétez pas, elle vous expliquera tout cela. Eh bien, si vous n'avez pas d'autre questions, il est temps pour vous de vous préparer...je laisse le Sergent finir de vous briefer. »

Le chef d'état sourit à nouveau. Il semblait s'amuser réellement de cette situation plutôt étrange. L'homme avait été en retard et semblait terriblement mal-à-l'aise à la perspective de l'infiltration, Sander Heslop ne savait concrètement pas à quelle sauce il allait être mangé. Le Généralissime se leva alors, prêt à les raccompagner pour les laisser faire connaissance et se préparer.
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MessageSujet: Re: L'eau qui dort [Kiara Serea]   Sam 31 Mai - 14:55

Kiara rendit son salut à l'homme. Elle avait apprécié de savoir que même si elle était moins gradée que son collègue que ce serait elle le chef ! Chouette ! Si elle réussissait cette mission, peut être qu'elle aurait une promotion ? Bon au moins il savait s'excuser, l'uniforme était bien placé, pas si négliger que ça, mais manquant cruellement de sommeil sans aucun doute.

Un scientifique ? Il serait plus utile qu'elle ne le pensât. En plus, il lui apprendrait surement des choses utiles. Kiara salua du salut militaire le généralissime et sorti, une fois dehors, elle fixa l'homme.

- Je vous invite à la cafeteria boire un café ?

Elle ne lui laissa pas le temps de répondre et l'y emmena. Sur place, elle se prit un thé. Elle avait besoin de boire. Une fois installer elle rouvrit le dossier et lui expliqua ou était la ferme, et qu'elle n'était accessible que par bateau, et par un réseau sous terrain. Puis elle le fixa semblant l'évaluer.

- Pour la partie infiltration Lieutenant-colonel... On va s'installer dans le village le plus proche, ou se trouve la fête de la moisson, on logera chez mon oncle et ma tante, vous serez mon petit ami... c'est ce qu'il y a de plus logique...

Elle s'arrêta le fixant attentivement de nouveau.

- Cependant, il va falloir laissez tomber l'uniforme, nous serons en « permission », donc pas d'uniforme ! En civil ! et faudra être plus soigné, plus élégant, malheureusement ma famille ne vois pas plus loin que le bout de leur nez, ce qui sera aussi un avantage, dites vous que si on berne ma famille on berne tout le village. Il va nous falloir du matériel aussi...

La jeune femme réfléchissait, elle sortit un carnet de sa poche et un crayon à papier et écrivit toute une liste.

- Tu matériel nocturne, du matériel étanche, comme des boites pour mettre une lampe dedans, du nécessaire de crochetage, ça j'ai...

Et elle écrivit d'autre chose, d'on du maquillage, du gel coiffant, et aussi des produits de soins pour homme. Elle comptait bien le re-looké pour cette mission. Elle nota sur le papier trois adresses. Un coiffeur, une esthéticienne, et un tailleur et lui donna.

- Je voudrais que vous alliez dans ces trois endroits avant demain. Vous leur direz a chacun que c'est Kiara qui vous envoie, ils seront chacun quoi faire.

Elle sortit les horaires des trains qu'elle avait encore sur elle et regarda les horaires.

- Je vais aller chercher le matériel et acheter les billets de train et prévenir ma tante. On se retrouve demain matin à huit heures à la gare, cela vous convient monsieur ?
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Sander Heslop
Citoyen d'Amestris

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MessageSujet: Re: L'eau qui dort [Kiara Serea]   Lun 2 Juin - 15:33

L'entretien avec le Généralissime fut particulièrement bref. Malgré le ton poli du chef d'état, le Lieutenant-Colonel savait qu'il lui faisait payer son retard. Un retard pourtant qui n'avait rien à voir avec lui, Central avait eu ses embouteillages. C'était injuste, mais cela faisait longtemps que Sander avait admis que ce monde n'était pas juste...les injustices faisaient partie du quotidien de l'enfer que constituait ce monde. On avait beau être le mieux intentionné du monde, on n'était pas à l'abri d'un coup en traître du destin. Le coup de traître venait d'arriver là, maintenant, le Sergent Serea allait diriger la mission car cette jeune femme avait eu les informations. Ce n'était absolument pas le fait qu'elle dirige qui gênait le scientifique, mais surtout qu'on ne l'informe pas du pourquoi du comment en personne. Ce n'était cependant pas vraiment un problème, il fallait juste s'assurer que la jeune femme et lui aient une bonne communication...qu'elle l'informe bien plus que le Généralissime en tout cas.

La réponse vint toute seule, après qu'ils aient été expédiés, la jeune femme l'invita à aller prendre un café. Cela devait faire bien des années qu'on n'avait pas invité le Lieutenant-Colonel Heslop à prendre un café, aussi fut il plutôt surpris de cette invitation qui en fait était plutôt une exhortation d'après le rythme et le ton. Au moins allait-elle pouvoir l'informer. Une fois le café commandé, l'officier s'assit face à la jeune femme, la considérant dans le blanc des yeux. Elle était très belle, trop belle pour se trouver dans cette armée à son sens, ses longs cheveux rouges attachés en chignon ne ternissaient pas ce sentiment de perfection esthétique. Cela faisait aussi bien longtemps que Sander n'avait pas croisé une aussi jolie femme. Malgré cette observation intérieure, l'enquêteur ne laissa transparaître aucune émotion ni aucun signe trahissant ses pensées. C'était un observateur, il préférait voir à qui il avait affaire. Kiara Serea était un peu l'opposé, la jeune femme avait directement pris les choses en main et voulait l'informer, elle était volontaire et faisait preuve de bonne intention. L'analyse de Sander devrait attendre plus tard, pour l'instant, il se contentait de l'observer et d'écouter, l'homme était attentif à chacun de ses gestes, à son attitude, aux mots qu'elle employait, il voulait cerner sa partenaire, c'était important pour ce genre de mission. Alors qu'elle commença à parler, il porta la tasse de café à sa bouche, sentant le goût âpre du breuvage submergea ses sens. C'est alors que les mots sortirent de la bouche du sous-officier.

Sander se mit à tousser violemment lorsqu'elle lui énonça son plan. L'officier toussa deux fois, il avait avalé de travers. Elle lui proposait de se faire passer pour son petit ami, avait-il bien entendu ? Il était un homme de bureau, n'ayant jamais fréquenté aucune femme depuis son retour d'Ishbal, serait-il capable de tenir une telle infiltration ? Etait-ce l'unique bizutage qu'on lui imposait. Sander posa délicatement la tasse, essuyant avec délicatesse le café qui s'était déposé sur ses lèvres. Il ne réagit pas pour autant, attendant que la jeune femme ait fini. Après tout, les ordres étaient les ordres, il fallait de toute manière s'y accommoder. Les recommandations de la jeune femme étaient strictes, pour que ce soit crédible, Sander allait devoir y mettre du sien. Cette mission commençait déjà à faire naître une certaine panique en lui, une panique de sortir du cadre et de ne pas vraiment savoir ce qu'il allait devoir en faire.

« Très bien, je vais faire de mon mieux. Je préfère cependant vous prévenir, je n'ai pas remis les pieds sur le terrain depuis Ishbal...je suis d'ailleurs très surpris qu'on fasse appel à moi pour une telle tâche ! »

L'homme laissa un peu de temps avant de reprendre un peu de café. L'infiltration, il l'avait surtout coordonné mais ne l'avait jamais vraiment pratiquée. D'un côté pratique, il savait comment cela se passait mais cela restait assez théorique.

« J'ai pris bonne note de vos requêtes. Je vais m'appliquer à les suivre à la lettre, m'en remettant à votre bon sens pour ce qui est relatif à l'infiltration et à ce terrain si particulier. Il y a cependant quelque chose sur lequel je serai catégorique, prévoyez une arme de poing discrète et facilement transportable...la description du lieu faisait état d'hommes armés, même si nous trompons les autochtones, il est possible que nous ayons à nous défendre si cela tourne mal. »

La voix de Sander avait beau être polie et monocorde, telle une sorte de litanie...ce à quoi il faisait référence était tout à fait vrai. Comme pour illustrer son propos, le Lieutenant-Colonel avait sorti délicatement de son holster une arme de manufacture plus ancienne, son Luger modèle 1905, plus distribué aux officiers car trop coûteux, un produit de luxe qu'on lui avait offert à son départ pour le front d'Ishbal, arme lui ayant sauvé plusieurs fois la vie et qu'il gardait toujours sur lui.
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MessageSujet: Re: L'eau qui dort [Kiara Serea]   Mar 3 Juin - 15:48

Kiara sourit en le voyant tousser quand elle lui annonça qu'il serait son petit ami, enfin son faux petit ami. C'est sur cela surprend. Finalement à part cette fatigue et ces cheveux indomptables, il ne devrait pas y avoir trop de travail pour les professionnels où elle l'envoyait. Il était mignon dans son genre. Il semblait un peu timide aussi, ce n'était peux être pas plus mal d'ailleurs.

La jeune femme exprima de la surprise quand il lui parla d'Ishbal. Elle n'y avait pas été envoyée étant encore chez papa et maman à ce moment-là. Mais elle se souvenait que certains hommes du village étaient partis s'engager pour protéger le pays, et que le fils du médecin les avait accompagnées étant lui-même dans la profession. Il était revenu blesser a vie, certain des hommes étaient revenu, d'autre pas. Beaucoup avaient pleuré, et le village avait pleuré avec les familles en deuil. Elle quitta ses souvenirs pour se reporter sur l'homme.

- Je suis sûr que s'il vous a choisi, c'est que vous avez les compétences requises pour cette mission. De plus, il m'a assuré que vous étiez un excellent enquêteur. Ensemble on trouvera comment ils enlèvent ces gens, et comment il les emmène a la ferme, s'ils les emmènent la bien sûr, sinon on trouvera où il les cache et ce qu'ils en font. Et si les personnes son vivante et menacer de mort, on a autorisation d'intervenir.

Kiara fut satisfaite aussi qu'il veuille bien s'impliquer et donc aille voir les gens sur le papier. Ces trois personnes feraient de lui un homme neuf ! Une arme ? Elle avait toute sorte de matériel d'espionnage, mais pas d'arme, à part son arme de service.

- Je devrai trouver ce qu'il faut. Cela n'est pas un problème. Mais je, vous l'avouez, je suis mauvaise au corps-à-corps.

Hors contexte, cela aurait pu paraitre étrange qu'une belle femme dise cela, mais dans leur métier, c'était, à vrai dire, assez plausible. De la force, elle en avait, mais sous l'eau, en dehors, elle restait une femme assez faible dans les combats. Elle n'avait que les bases et les entrainements militaires. Elle devait bien avoir des stylets quelque part dans son matériel. Elle regarda le pendule, ses yeux suivant la trotteuse. Elle devrait aller voir son colonel pour le prévenir de sa mission et aller préparer ses affaires... Il était presque dix-sept heures. La jeune femme se leva donc.

- Veuillez m'excuser, je dois aller voir mon responsable. Il est presque dix-sept heures, je vous conseille de vite aller à ces adresses et de préparer vos affaires, le train est à sept heures trente demain matin. On se retrouve à la gare. On métra au point une histoire dans le train à raconter à ma famille, car ils vont nous demander comment on s'est rencontré etc... Vous voyez le genre ? Allez à demain !

Et donc Kiara parti après un salut militaire.

( dsl c'est assez cours )
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